Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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que c'était le mérite, et non pas la naissance seule, qui
était un titre suffisant pour obtenir les dignités militaires.
A cette première compagnie, il en ajouta plusieurs autres,
et forma en peti de temps un corps considérable de trou-
pes fort bien disciplinées.
Le hasard fit qu'un jeune Genevois, nommé Lefort,
était à Moscou chez un ambassadeur danois. Le czar
Pierre avait alors dix-neufs ans; il vit ce Génevois, qui
avait appris en peu de temps la langue russe, et qui parlait
presque toutes celles de l'Europe. Lefort plut beaucoup au
prince; il entra dans son service, et bientôt après dans
sa familiarité. Il lui fit comprendre qu'il y avait une
autre manière de vivre et de régner, que celle qui était
malheureusement établie de tous les temps dans son vaste
empire; et sans ce Génevois, la Russie serait peut-être
encore barbare.
Ivan étant mort en 1696, Pierre devint seul maître
de l'empire de Russie, et se vit en état d'exécuter les
grands desseins qu'il avait formés. Il signala le commen-
cement de son règne par le siège d'Azof qu'il prit sur
les Turcs en 1697. Ayant reconnu à ce siège l'impor-
tance d'une marine, il envoya en 1698 une ambassade en
Hollande. Il se mit incognito i) à la suite de cette am-
bassade, pour apprendre par lui-même la construction des
vaisseaux. Le maître de l'empire le plus étendu de la
terre alla vivre près de deux ans à Amsterdam et à
Zaandam, sous le nom de Pierre MichaëlofT. Il maniait
la hache et le compas, et quand il avait travaillé dans
son atelier à la construction des vaisseaux, il étudiait
le géographie, la géométrie et l'histoire. Dans les pre-
miers temps le peuple s'attroupait autour de lui. Il
écartait quelquefois les importuns d'une manière un peu
rude, que ce peuple souffrait, lui qui souffre si peu de
chose. La première langue qu'il apprît, fut le hollan-
dais; il s'adonna depuis à l'allemand, qui lui parut une
langue douce, et qu'il voulut qu'on parlât à sa cour.
Son voyage en Hollande, et surtout son goût pour les
arts qui se développait, adoucirent un peu ses mœurs;
car c'est le privilège de tous les arts de rendre les hom-
mes plus traitables. Il allait souvent déjeuner chez un
géographe, avec lequel il faisait des cartes marines. —
Ensuite il alla d'Amsterdam en Angleterre, non plus en
') Pr. ein-kon-ji-lo.