Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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avait découverts. Colomb en ressentit la plus juste in-
dignation. Partout où il allait, il avait avec lui les fers
qu'on lui avait fait porter, comme une preuve de la plus
noire ingratitude dont on avait payé ses grands services,
et il ordonna d'enterrer avec lui ces fers après sa mort.
A force de sollicitations, Colomb obtint enfin quelques
vaisseaux pour faire de nouvelles découvertes. Ce voyage
fut aussi accompagné de peines infinies et de grands
dangers.
Colomb découvrit encore quelques îles et la terre ferme
du nouveau monde. Ayant fait un jour une descente à
la Jamaïque, il voulut y former un établissement. Les
insulaires s'éloignèi'ent du rivage, et laissèrent les Es-
pagnols manquer de vivres. Colomb employa un strata-
gème singulier dans cette pressante occasion. Comme
il devait y avoir bientôt une éclipse de lune, il fit avertir
les chefs des peuplades voisines, qu'il avait des choses
très-importantes à leur communiquer. Après leur avoir
fait des reproches très-vifs sur leur dureté, il ajouta d'un
ton assuré: „Vous en serez bientôt rudement punis par
le Dieu puissant des Espagnols que j'adore. Pour preuve
de ce que je vous dis, vous allez voir, dès ce soir, la
lune rougir, puis s'obscurir et vous refuser sa lumière:
ce ne sera là que le prélude de vos malheurs, si vous
ne profitez de l'avis que je vous donne".
L'éclipsé commença en effet quelques heures après. La
désolation fut extrême parmi les sauvages ; ils se proster-
nèrent aux pieds de Colomb, et jurèrent qu'ils ne le
laisseraient plus manquer de rien. Cet homme habile se
laissa toucher, s'enferma comme pour apaiser la colère
céleste, se montra quelques instants après, annonçant
que Dieu était apaisé, et que la lune allait reparaître.
Les insulaires demeurèrent persuadés que cet étranger
disposait à son gré de toute la nature, et ne lui lais-
sèrent pas dans la suite le temps même de désirer.
Colomb étant arrivé à St. Domingue, ne pouvait sup-
porter les insultes qui lui venaient de la part du gou-
verneur espagnol; et il retourna en Espagne. Le roi le
reçut avec la froideur la plus marquée'; on n'écouta
aucune de ses justes ^plaintes contre les offenses multi-
pliées de ses ennemis. Epuisé par toutes les peines et les
mortifications qu'il avait essuyées, il mourut enfin à Val-
ladolid, l'an 1506, dans la soixante-dixième année de
son âge.