Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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Ils n'avaient jamais vu de chevaux, et ils crurent d'abord
que le cheval et son cavalier ne faisaient qu'un seul indi-
vidu. La plupart se sauvèrent dans leurs cabanes à la
vue de ces monstres à deux têtes et à quatre pieds.
L'amiral dirigea sa marche vers le riche pays de Ci-
bao, où, comme on lui avait fait entendre, il trouverait
beaucoup d'or. Mais ayant appris que quelques envieux
l'avaient mis mal auprès de Ferdinand et d'Isabelle, il
retourna en Europe pour se justifier. Cela fait, il s'em-
barqua aussitôt pour retourner dans les pays qu'il avait
découverts. Quelque temps après, plusieurs mécontents
qui, au lieii des richesses qu'ils croyaient moissonner dans
le nouveau monde, n'y avaient trouve que des peines et
de la misère, étaient retournés dans leur patrie, pleins
de désespoir. Ils regardèrent Colomb comme l'unique
cause de leurs disgrâces, et vomirent contre lui des in-
jures et des malédictions. Encouragés par les ennemis
puissants de Colomb, ils poursuivaient partout le roi et
la reine, leur demandant le dédommagement des pertes
qu'ils avaient faites, et se plaignant d'injustices et d'op-
pressions qu'ils prétendaient avoir éprouvées de la part de
l'amiral. Le roi, qui était naturellement porté au soup-
çon, ajouta foi à leurs imputations, et envoya à Hispa-
niola un commissaire, nommé Bovadilla, chargé d'exa-
miner la conduite de Colomb.
Bovadilla étant arrivé à Hispaniola, fit mettre Colomb
aux fers, et le fit transporter en Espagne, enchaîné comme
un criminel. Le roi et la reine ayant appris son arrivée,
donnèrent ordre de le mettre en liberté et furent fort
étonnés que Bovadilla eût abusé de ses pouvoirs. En
même temps Colomb fut invité très-obligeamment à venir
à la cour. En entrant dans l'appartement où le roi et
la reine l'attendaient, il se jeta aux pieds de leurs ma-
jestés sans pouvoir parler, le sentiment profond de l'in-
justice qui lui avait été faite, le privant pendant quel-
ques minutes de l'usage de la parole. Ferdinand et
Isabelle furent convaincus de son innocence, qu'il leur
prouva d'une manière évidente. Ils destituèrent aussitôt
Bovadilla de tous ses emplois.
Cependant on ne jugea pas à propos de renvoyer Co-
lomb dans le nouveau monde en qualité de vice-roi,
comme on le lui avait promis; car on croyait qu'il se
vengerait des mauvais traitements qu'il avait reçus. On
envoya donc un autre en sa place dans les pays qu'il