Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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accouraient en foule, j^our regarder les vaisseaux euro-
péens qui étaient un spectacle tout à fait nouveau pour
eux. Colomb, son épée nue en main, fut le premier à
sauter du bord, et à mettre le pied dans ce nouveau
monde qu'il avait découvert. Tous se mirent à genoux,
et baisèrent la terre dans un ravissement muet. Ils
plantèrent aussitôt une croix sur le rivage, prirent solen-
nellement possession de ce pays, au nom du roi et de la
reine d'Espagne.
Durant ses cérémonies, les Indiens s'assemblèrent en
foule autour des Espagnols, regardant avec surprise, tan-
tôt les maisons flottantes, tantôt les êtres extraordinaires
qu'elles venaient d'amener à travers les flots. La couleur
blanche des Européens, leur visage barbu, leurs habits,
leurs armes, tout était pour eux nouveau et merveilleux;
mais lorsqu'ils entendirent aussi le bruit de la mousque-
terie et des canons, ils furent comme frappés de la foudre,
croyant fermement que ces étrangers, armés du feu du
ciel et du tonnerre, n'étaient pas des mortels, mais des
enfants du soleil, leur divinité, qui s'étaient abaissés à
les venir voir.
Ce fut à Guanahani, une des îles Lucayes ou Bahama,
que Colomb aborda, trente-trois jours après son départ
des îles Canaries. Il donna à cette île qu'il venait de
découvrir, le nom de San-Salvador parce que cette
découverte l'avait sauvé- Les Espagnols étaient fort sur-
pris de voir tant d'objets nouveaux et singuliers. Ils
voyaient des herbes, des plantes, des arbres et des ani-
maux d'espèces bien différentes de celles que nous avons
en Europe. La peau des hommes était couleur de cuivre,
leur menton sans barbe, leurs corps étaient marqués et
peints d'une manière bizarre. Les uns étaient tout à fait
nus, les autres l'étaient à peu de chose près. Ils furent
d'abord timides et réservés, mais lorsqu'on leur eut donné
des grains de verre, des rubans, des grelots, de petits
miroirs, ils prirent confiance en leurs hôtes célestes.
Voyant leur portrait dans les petits miroirs, ils les tour-
nèrent, croyant qu'il y avait quelqu'un de caché, et n'y
voyant personne, ils se pâmaient de rire. Colomb s'in-
forma soigneusement par des signes, d'où ils tiraient ces
feuilles d'or, dont leurs narines étaient parées. Ils lui
firent comprendre qu'on ne les trouvait pas dans leur île,
Saint-Sauveur.