Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Vorige scan Volgende scanScanned page
27
les côtes occidentales des îles Açores i) des arbres d'une
espèce jusqu'alors inconnue, et qui y avaient été poussés
par les mêmes vents. Un jour la mer avait jeté sur ces
côtes les cadavres de deux hommes, qui ne ressemblaient
ni aux Européens, ni aux habitants d'Asie ou d'Afrique.
Colomb résolut donc d'aller découvrir cette terre in-
connue. Pour cela il s'adressa à divers princes qui trai-
tèrent son entreprise de vision. Ferdinand et Isabelle ,
qui régnaient pour lors en Espagne, l'écoutèrent, après
cinq années de réflexions, plus favorablement. Il obtint
d'eux trois misérables vaisseaux, qui furent pourvus de
vivres pour douze mois, et réqui[age, qui devait accom-
pagner Colomb dans cette course périlleuse, n'excédait
pas le nombre de quatre-vingt-dix hommes. Ce fut le
3 d'août 1492 qu'il partit du port de Palos en Anda-
lousie. Il dirigea sa course vers les îles Canaries -) d'où
il passa dans l'océan occidental, où aucun navire n'avait
encore fait voile. L'équipage ayant perdu de. vue les
Canaries, perdit aussi courage. Les matelots tout désolés
commencèrent à murmurer. Colomb leur fit honte de
leur pusillanimité, leur parla des richesses qu'ils allaient
recueillir, et vint à bout de les apaiser.
Le 12 septembre, sixième semaine de leur navigation,
ils se trouvèrent à 150 lieues des îles Canaries. Les
compagnons de Colomb étaient dans la plus grande per-
plexité; car l'espace qu'ils avaient déjà parcouru, leur
parut immense, quoique leur commandant dans le calcul
qu'il mit sous leurs jeux, en eût supprimé un bon tiers.
Les matelots eurent une extrême joie en voyant quel-
ques jours après le tronc d'un grand arbre, qui parais-
sait avoir flotté depuis longtemps sur les eaux ; car ils le
prirent pour l'indice d'une terre voisine, erreur qui servit
à les tranquilliser un peu. Les vents, qui favorisaient
leur dessein et poussaient continuellement les vaisseaux
vers l'ouest, commençaient peu à peu à les effrayer:
„Car", disaient-ils, „ces vents nous empêcheront de re-
tourner". Leur frayeur augmenta, lorsqu'ils aperçurent
tout à coup la mer couverte, à perte de vue, d'herbes
qui étaient en quelques endroits si épaisses qu'elles gê-
naient la course des vaisseaux. Ils croyaient être arrivés
') Groupe d'îles de l'océan Atlantique, au nombre de 9, et appar-
tenant au Portugal.
") Archipel, situé dans l'océan Atlantique, dont les sept principales
îles sont habitées. Il appartient aux Espagnols.