Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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De l'union des cantons suisses.
En 1307, Gessler, gouverneur du pays de Scliwitz et
d'Uri dans la Suisse pour l'empereur Albert I"'', se rendit
odieux par ses vexations et par ses cruautés ; il fit mettre
un bonnet au haut d'une pique dans la place publique
d'Altorf, afin que tous ceux qui y passaient, ôtassent
leurs chapeaux, et fissent une profonde révérence à ce
bonnet. Toutefois Guillaume Tell n'ayant point voulu
se soumettre à cette bassesse, fut amené devant le gou-
verneur, qui le condamna à abattre, d'assez loin, d'un
coup de flèche, une pomme de dessus la tête d'un de
ses enfants, si non qu'il le ferait mourir. Tell répondit
que ce commandement était inhumain, et qu'il aimait
mieux souffrir la mort que de se mettre au hasard de
tuer son fils; mais Gessler le menaça de les faire mourir
tous deux, s'il n'obéissait. Alors Tell se vit forcé d'obéir
au tyran, et eut le bonheur de tirer si juste, qu'il en-
leva la pomme sans faire de mal à son fils. Ce coup
d'adresse merveilleux fut admiré de tous ceux qiai étaient
présents, excepté du gouverneur qui, ayant aperçu une
flèche cachée sous le pourpoint de Tell, lui demanda ce
qu'il en voulait faire. Tell répondit d'abord que c'était
la coutume en portant un arc, d'avoir toujours deux
flèches. Cette réponse ne satisfaisant pas Gessler, il le
presse et lui promet la vie, s'il confesse la vérité. Tell
pour lors avoua franchement qu'il avait pris cette flèche
exprès pour le tuer, en cas qu'il vînt à tuer son fils.
Gessler voulut tenir sa parole, en lui conservant la vie;
mais il l'envoj'a pieds et poings liés dans une barque
qui l'attendait sur le lac d'Uri, pour l'emmener au châ-
teau de Cunach. Lorsqu'ils furent au milieu, du lac, Tin
orage s'éleva tout à coup, et, augmentant de plus en
plus, devint enfin si furieux, que le vaisseau allait périr.
Alors les gens du gouverneur firent entendre à leur maître,
qu'il n'y avait d'autre moyen de se sauver, que de dé-
lier le prisonnier et de lui abandonner la conduite du vais-
seau; que non-seulement il était fort et adroit, mais un
des meilleurs bateliers qu'il y eût. Le péril où se voyait
Gessler ne lui donnant pas le loisir de délibérer, il y
consentit. Tell n'eut pas sitôt le gouvernail en main,
qu'il tourna la proue vers le pays de Schwitz, et comme
il se vit assez près du bord, à l'endroit d'une roche qu'on