Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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Un négociant avait perdu une bourse, contenant 1800
livres '). Un charpentier la trouva, et l'emporta chez
lui. Arrivé à la maison, il ouvrit la bourse, se mit à
compter l'argent qui s'y trouvait, et le serra avec grand
soin, pour le rendre au véritable propriétaire, au cas
qu'il pût le découvrir. Le dimanche suivant on annonça
en chaire, que quelqu'un avait perdu une bourse de cuir,
remplie d'argent, et que celui qui l'aurait retrouvée, aurait
200 livres de récompense, au cas qu'il voulût la rendre.
Le charpentier se rendit chez le prêtre, et lui dit de lui
envoyer dans sa maison le propriétaire de l'argent: qu'il
voTilait le lui rendre. Le négociant aussitôt y courut
plein de joie, pour l'aller chercher. L'ayant compté, il
jeta deux écus neufs sur la table et dit: „Tenez, voilà
12 francs, car pour ce qui est des 200 livres que j'ai
promises, vous vous êtes déjà payé, vu qu'il y avait
deux mille francs dans la bourse". Le charpentier nia
le fait, et accusa le négociant, en déposant la somme
entière entre les mains de la justice. Après beaucoup
de difficultés, la chose fut enfin terminée. Le juge exigea
du négociant le serment, qu'il y avait deux mille francs
dans la bourse au moment où il l'avait perdue. Le négo-
ciant jura. Mais le charpentier jura également, qu'il n'y
avait eu que 1800 livres. Là-dessus, le juge décida
l'aifaire de cette manière: „Comme l'un et l'autre ont
confirmé la vérité par un serment, l'argent en question
n'appartient pas au négociant, parce qu'il a perdu 2000
livres, et que le charpentier n'en a trouvé que 1800. Ce
dernier en conséquence gardera l'argent, si dans l'espace
de quinze jours le véritable propriétaire ne se présente,
et ne peut pas clairement prouver qu'il a perdu 1800
livres". Tout le monde loua cette sage sentence du juge,
par laquelle le négociant devint lui-même la victime de
sa mauvaise foi.
Un Espagnol rencontra un jour un Indien au milieu d'une
vaste forêt ') ; l'un et l'autre étaient à cheval. L'Espag-
nol qui en avait un fort mauvais, et qui craignait de ne
') La livre a été remplacée par le franc. En parlant d'un revenu
annuel, on emploie souvent encore le mot livres: Il a cinquante mille
livres de rente.
') La forêt occupe une grande étendue de terrain; le bois peut
être un terrain très-petit.