Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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Frédéric, contre son ordinaire, promit cinquante louis à
celui qui en découvrirait l'auteur.
Le lendemain le lieutenant-colonel se présente chez le
roi: on lui refuse l'entrée; il insiste, et dit qu'il a quel-
que chose d'importance à dire à Sa Majesté. On l'an-
nonce, il entre. „Ne vous ai-je pas déjà dit", lui crie
Frédéric, en le voyant, „que je ne puis rien faire main-
tenant pour vous?" — Je ne demande rien", répond
l'officier. „Mais Votre Majesté a promis cinquante louis à
celui qui découvrirait l'auteur de la nouvelle brochure que
l'on a faite contre vous ; c'est moi qui suis cet auteur.
Punissez le coupable, mais payez cet argent à ma femme,
afin qu'elle puisse donner du pain à ses malheureux en-
fants". — Que le diable te confonde!" dit le roi, „tu
iras à Spandau". — Sire, je me soumets à tout ce que
Votre Majesté voudra ordonner de moi, mais les cinquante
louis ?" •—- Dans une heure votre femme les aura. At-
tendez un moment". Le roi se met à une table, écrit une
lettre, la donne à l'officier en disant: „Vous donnerez
cette lettre au commandant de Spandau, et vous lui direz
que je lui défends de l'ouvrir avant le dîner". Après
cela, il fit mener l'officier à Spandau. Quand il y fut
arrivé, il présenta la lettre au commandant, et lui dit
l'ordre du roi. On dîne: le pauvre homme était dans
des transes mortelles. Enfin on ouvre la lettre et on lit:
„Le porteur de cette lettre est nommé commandant de la
forteresse de Spandau. Sa femme et ses enfants s'y ren-
dront dans quelques heures avec cinquante louis. L'an-
cien commandant de Spandau se rendra à Potsdam, où
on lui destine une meilleure place, etc."
Qu'on juge de la surprise de ces deux hommes!
Sur la fin de sa vie il lui arrivait quelquefois de dor-
mir plus longtemps qu'il ne s'était proposé; cela le fâ-
chait extrêmement, et il ordonna à ses valets de chambre
de le réveiller à quatre heures, et même de le forcer à se lever,
qeulque chose qu'il pût leur dire. Un de ces valets étant
entré un matin dans sa chambre pour remplir cet ordre,
le roi lui dit: „Laisse-moi encore un peu dormir, je suis
si las!" — Votre Majesté m'a commandé de venir à
quatre heures, et il faut qu'elle se lève". — Encore un
quart d'heure seulement, te dis-je". — Pas une minute.
Sire, il vient de sonner quatre heures, et il faut abso-