Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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rejette, regarde d'un air sévère le petit joueur qui pro-
met que cela n'arrivera plus. Enfin pour la troisième
fois le volant vint tomber jusque sur le papier sur lequel
Frédéric écrivait. Alors le roi prit le volant, et le mit
dans sa poche.
Le petit prince demande humblement pardon, et prie
qu'on lui rende son volant. Le roi le lui refuse; il re-
double ses prières; on ne les écoute point. Enfin las de
prier, le petit prince s'avance fièrement vers le roi, met
ses deux poings sur ses côtés, et dit d'un air mena-
çant: „Je demande à Votre Majesté, si elle veut me
rendre mon volant, oui ou non?" Le roi se mit à rire,
tira le volant de sa poche, et lui remit en disant: „Tu
es un brave garçon, on ne te reprendra pas la Silésie".
Un caporal des gardes du corps, qui avait beaucoup
de vanité, mais aussi beaucoup de bravoure, portait une
chaîne de montre à laquelle il avait attaché une balle de
mousquet, faute de pouvoir acheter une montre. Le roi
l'ayant appris, voulut un jour le plaisanter, et lui dit:
„A propos, caporal, il faut que tu sois bien économe,
pour avoir pu acheter une montre: il est six heures à la
mienne, dis-moi un peu quelle heure il est à la tienne".
Le caporal, qui avait deviné l'intention du roi, tira aus-
sitôt sa balle de son gousset en disant: „Sire, ma montre
ne marque ni cinq heures ni six heures ; mais elle m'a-
vertit toutes les fois que je la regarde, qu'il faut que je
meure pour Votre Majesté". — Tiens, mon ami", lui
dit le roi attendri, „prends celle-ci, afin que tu puisses
voir aussi l'heure où tu mourras pour moi", et il lui
donna sa montre qui était garnie de brillants.
Un officier réformé, qui avait servi en brave homme,
en qualité de lieutenant-colonel, pendant la guerre de
sept ans (1756—1763), se rendait tous les jours dans
l'antichambre du roi, pour demander une pension. Le roi
lui avait dit souvent: „Ayez patience, je ne puis encore
rien faire pour vous". L'officier ne se rebutait point, et
partout où il pouvait trouver le roi, il l'assiégeait de ses
demandes. Frédéric, lassé de ses importunités, défendit
qu'on le laissât entrer quand il se présenterait. Sur ces
entrefaites, il parut une satire violente contre le roi.