Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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l'un était M. Siquier, son aide de camp, homme de tête
et d'exécution, qui s'était mis à son service en Turquie,
et qui était particulièrement attaché au prince de Hesse;
l'autre était cet ingénieur. Le canon tirait sur eux à
cartouche; mais le roi qui se découvrait davantage, était
le plus exposé; à quelques pas derrière était le comte
Swerin, qui commandait la tranchée: le comte Posse,
capitaine aux gardes, et un aide de camp, nommé Kul-
bert, recevaient des ordres de lui. Siquier et Megret
virent dans ce moment le roi de Suède qui tombait sur
le parapet en poussant un grand soupir; ils s'approchè-
rent, il était déjà mort: une balle pesant une demi-livre
l'avait atteint à la tempe droite, et avait fait un trou
dans lequel on pouvait enfoncer trois doigts ; sa tête était
renversée sur le parapet, l'œil gauche était enfoncé, et
le droit entièrement hors de son orbite. L'instant de sa
blessure avait été celui de sa mort: cependant il avait
eu la force, en expirant d'une manière si subite, de mettre,
par un mouvement naturel, la main sur la garde de son
épée, et était encore dans cette attitude. A ce spectacle
Megret, homme singulier et indifférent, ne dit autre chose
sinon: „Yoilà la pièce finie, allons souper". Siquier court
sur-le-champ avertir le comte Swerin, Ils résolurent en-
semble de dérober la connaissance de cette mort aux sol-
dats jusqu'à ce que le prince de Hesse en pût être informé.
On enveloppa le corps d'un manteau gris: Siquier mit sa
perruque et son chapeau sur la tête du roi; en cet état
on transporta Charles, sous le nom du capitaine Carls-
berg, au travers des troupes, qui voyaient passer leur
roi mort sans se douter que ce fût lui.
Le prince ordonna à l'instant que personne ne sortît
du camp, et fit garder tous les chemins de la Suède, afin
d'avoir le temps de prendre ses mesures pour faire tom-
ber la couronne sur la tête de sa femme, et pour en
exclure le duc de Holstein qui pouvait y prétendre.
Ainsi périt, à l'âge de trente-six ans et demi, Char-
les XII, roi de Suède, après avoir éprouvé ce que la
prospérité a de plus grand, et ce que l'adversité a de
plus cruel, sans avoir été amolli par l'une, ni ébranlé
un moment par l'autre. Presque toutes ses actions, jus-
qu'à celles de sa vie privée et unie, ont été bien loin au
delà du vraisemblable. C'est peut-être le seul de tous
les hommes, et jusqu'ici le seul de tous les rois, qui ait
vécu sans faiblesse : il a porté toutes les vertus des héros