Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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essuya de plus grandes: sa constitution, éprouvée par
dix-huit ans de travaux pénibles, s'était fortifiée au point
qu'il dormait en plein champ en Norvège, au cœur de
l'hi-^er, sur de la paille ou sur une planche, enveloppé
seulement d'un manteau, sans que sa santé en fût altérée.
Plusieurs de ses soldats tombaient morts de froid dans
leurs postes; et les autres, presque gelés, voyant leur
roi qui souffrait comme eux, n'osaient proférer une plainte.
Ce fut quelque temps avant cette expédition qu'ayant
entendu parler en Scanie d'une femme, nommée Johns
Dotter, qui avait vécu plusieurs mois sans prendre d'autre
nourriture que de l'eau, lui qui s'était étudié toute sa
vie à supporter les plus extrêmes rigueurs que la nature
humaine peut soutenir, voulut essayer encore combien de
temps il pourrait supporter la faim sans en être abattu;
il passa cinq jours entiers sans manger ni boire; le
sixième au matin il courut deux lieues à cheval, et des-
cendit chez le prince de Hesse, son beau-frère, où il
mangea beaucoup, sans que ni une abstinence de cinq
jours l'eût abattu, ni qu'un grand repas à la suite d'un
si long jeûne l'incommodât.
Avec ce corps de fer, gouverné par une âme si hardie
et si inébranlable, dans quelque état qu'il pût être réduit,
il n'avait point de voisin auquel il ne fût redoutable.
Le 11 décembre, jour de saint André, il alla sur les
neuf heures du soir visiter la tranchée, et ne trouvant
pas la parallèle assez avancée à son gré, il parut très-
mécontent. M. Megret, ingénieur français, qui condui-
sait le siège, l'assura que la place serait prise dans huit
jours: „Nous verrons", dit le roi; et il continua de visiter
les ouvrages avec l'ingénieur. Il s'arrêta dans un endroit
où le boyau faisait un angle avec la parallèle; il se mit
à genoux sur le talus intérieur, et, appuyant ses coudes
sur le parapet, resta quelque temps à considérer les travail-
leurs qui continuaient les tranchées à la lueur des étoiles.
Les moindres circonstances deviennent essentielles quand
il s'agit de la mort d'un homme tel que Charles XII:
ainsi je dois avertir que toute la conversation que tant
d'écrivains ont rapportée entre le roi et l'ingénieur Me-
gret, est absolument fausse. Voici ce que je sais de
véritable sur cet événement.
Le roi était exposé presque à demi-corps à uue bat-
terie de canon, pointée vis-à-vis l'angle où il était: il
n'y avait alors auprès de sa personne que deux Français ;