Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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camp devant Pultawa était forcé, et tout dans une con-
fusion à laquelle il n'y avait plus de ressource. Le comte
Piper et quelques officiers de la chancellerie étaient sortis
de ce camp, et ne savaient ni ce qu'ils devaient faire,
ni ce qu'était devenu le roi; ils couraient de côté et
d'autre dans la plaine: un major nommé Bere, s'offrit à
les conduire au bagage; mais les nuages de poussière et
de fumée qui couvraient la campagne, et l'égarement
d'esprit naturel dans cette désolation, les conduisirent
droit sur la contrescarpe de la ville même, où ils furent
tous pris par la garnison.
Le roi ne voulut point fuir, et ne pouvait se défendre.
Il avait en ce moment auprès de lui le général Ponia-
towski, colonel de la garde suédoise du roi Stanislas,
hommes d'un mérite rare, que son attachement i)0ur la
personne de Chaides avait engagé à le suivi'e en Ukraine
sans aucun commandement: c'était un homme qui, dans
toutes les occurrences de sa vie, et dans les dangers où
les autres n'ont tout au plus que de la valeur, prit tou-
jours son parti sur-le-champ, et bien et avec bonheiir;
il fit signe à deux drabans, qui prirent le roi par-des-
sous les bras, et le mirent à cheval malgré les douleurs
extrêmes de sa blessure.
Poniatowski, quoiqu'il n'eût point de commandement
dans l'armée, devenu en cette occasion général par néces-
sité, rallia cinq cents cavaliers auprès de la personne du
roi; les uns étaient des drabans, les autres des officiers,
quelques-uns de simples cavaliers: cette troupe rassemblée,
et ranimée par le malheur de son prince, se fit jour à
travers plus de dix regiments moscovites, et conduisit
Charles au milieu des ennemis l'espace d'une lieue, jus-
qu'au bagage de l'armée suédoise.
Le roi fuyant et poursuivi eut son cheval tué sous lui ;
le colonel Gieta, blessé et perdant tout son sang, lui donna
le sien. Ainsi on remit deux fois à cheval dans sa fuite
ce conquérant qui n'avait pu y monter pendant la bataille.
Cette retraite étonnante était beaucoup dans un si grand
malheur; mais il fallait fuir plus loin: on trouva dans le
bagage le carrosse du comte Piper; car le roi n'en eut
jamais depuis qu'il sortit de Stockholm; on le mit dans
cette voiture, et l'on prit avec précipitation la route du
Borysthène. Le roi, qui, depuis le moment où on l'avait
mis à cheval jusqu'à son arrivée au bagage, n'avait pas
dit un seul mot, demanda alors ce qu'était devenu le