Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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Pultawa, mais ayant rencontré un corps de réserve de
trois mille hommes, il l'enveloppa et le tailla en pièces.
Si Menzikoff fit cette manœuvre de lui-même, la Eussie
lui dut son salut; si le czar l'ordonna, il était un digne
adversaire de Charles XII. Cependant l'infanterie mos-
covite sortait de ses lignes, et s'avançait en bataille dans
la plaine; d'un autre côté, la cavalerie suédoise se ral-
liait à un quart de lieue de l'armée ennemie; et le roi,
aidé de son feld-maréchal Eenschild, ordonnait tout pour
un combat général.
Il rangea sur deux lignes ce qui lui restait de troupes,
son infanterie occupant le centre, sa cavalerie les deux
ailes. Le czar disposa son armée de même: il avait
l'avantage du nombre et celui de soixante-douze canons,
tandis que les Suédois ne lui en opposaient que quatre,
et qu'ils commençaient à manquer de poudre.
L'empereur moscovite était au centre de son armée,
n'ayant alors que le titre de major-général, et semblait
obéir au général Czermetoff; mais il allait, comme empe-
reur, de rang en rang, monté sur un cheval turc, qui
était un présent du grand-seigneur, exhortant les capitai-
nes et les soldats, et promettant à chacun des récompenses.
A neuf heures du matin la bataille recommença: une
des premières volées du canon moscovite emporta les deux
chevaux du brancard de Charles. Il en fit atteler deux
autres; une seconde volée mit le brancard en pièces, et
renversa le roi: de vingt-quatre drabans qui se relayaient
pour le porter, vingt furent tués. Les Suédois consternés
s'ébranlèrent, et, le canon ennemi continuant à les écra-
ser, la première ligne se replia sur la seconde, et la se-
conde s'enfuit. Ce ne fut en cette dernière action qu'une
ligne de dix mille hommes de l'infanterie russe qui mit en
déroute l'armée suédoise; tant les choses étaient changées !
Tous les écrivains suédois disent qu'ils auraient gagné
la bataille si on n'avait point fait de fautes , mais tous
les officiers prétendent que c'en était une grande de la
donner, et une plus grande encore de s'enfermer dans ces
pays perdus, malgré l'avis des plus sages, contre un
ennemi aguerri, trois fois plus fort que Charles XII par
le nombre d'hommes, et par les ressources qui manquaient
aux Suédois. Le souvenir de Narva fut la principale cause
du malheur de Charles à Pultawa.
Déjà le prince de Wurtemberg, le général Eenschild,
et plusieurs officiers principaux étaient prisonniers, le