Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Vorige scan Volgende scanScanned page
11
Le maréchal, duc de Villars, exprimait souvent son mé-
pris pour les courtisans qui, bien que privés de vrai mé-
rite, se croyaient _ des hommes de grande importance et
les ajjpuis de l'Etat. Ils le haïssaient pour cela ex-
trêmement, et profitaient de toute occasion pour le morti-
fier. Le maréchal le savait très bien, mais il méprisait
leur impuissante rancune.
Un jour il prit congé du roi en présence de toute la
cour pour se rendre à l'armée, et dit: „Sire, je m'éloigne
de vous pour aller combattre les ennemis de Votre Ma-
jesté, et vous laisse ici au milieu des miens".
Un sous-officier qu servait au siège de Toulon, en
1793, dut sa fortune au sang-froid qu'il montra dans une
circonstance.
Bonaparte, de ce temps simple lieutenant d'artillerie,
faisait établir, sous le feu de l'ennemi, une des premiè-
res batteries de siège. Ayant un ordre à donner, il
regarda autour de lui et demanda s'il y avait là un ser-
vent ou un caporal qui sût écrire. Un jeune homme
sortit des rangs, et s'appuyant sur l'épaulement de la
batterie, écrivit ce que lui dictait le futur empereur. La
lettre était à peine finie, qu'un boulet couvrit de terre
le papier et l'écrivain:
„Tant mieux", s'écria gaîment celui-ci, „je n'aurai pas
besoin de sable".
Cette plaisanterie, le calme avec lequel elle fut dite,
éveillèrent l'attention de Bonaparte, et plus tard il se
souvint du sergent.
Ce sergent, dont le nom devint après une des illustra-
tions militaires de l'Empire, était Junot: il parvint rapi-
dement aux premières dignités de l'armée, et mourut duc
d'Abrantès.
Un seul mot l'avait ainsi révélé tout entier à l'homme
qui savait si bien juger des autres hommes.
Lorsque le grand Condé, après la bataille de Senef
(1674), voulut présenter ses hommages à Louis XIV, il
aperçut le roi qui l'attendait au haut de l'escalier. Comme
la goutte dont il était travaillé, l'empêcha de monter
aussi vite qu'il aurait désiré, il s'écria: „Sire, je vous
demande pardon si je vous fais attendre". Le monarque