Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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soin de la noblesse et du clergé, tu iras pour moi dans
les maisons du tiers état où Ton m'appellera; et, lorsque
tu auras travaillé quelque temps, je te ferai agréger à
notre corps. Tu es savant. Gril Bias, avant que d'être
médecin; au lieu que les autres sont longtemps médecins,
et la plupart toute leur vie, avant que d'être savants".
Je remerciai le docteur de m'avoir si promptement rendu
capable de lui servir de substitut; et, pour reconnaître
les bontés qu'il avait pour moi, je l'assurai que je sui-
vrais toute ma vie ses opinions, quand même elles se-
raient contraires à celle d'Hippocrate i). Cette assurance
pourtant n'était pas tout à fait sincère: je désapprouvais
son sentiment sur l'eau, et je me proposais de boire du
vin tous les jours en allant voir mes malades. Je pendis au
croc une seconde fois mon habit, pour en prendre un de
mon maître et me donner l'air d'un médecin. Après quoi,
je me disposai à exercer la médecine aux dépens de qui
il appartiendrait. Je débutai par un alguazil qui avait
une pleurésie: j'ordonnai qu'on le saignât sans miséxi-
corde et qu'on ne lui plaignît point l'eau. J'entrai en-
suite chez un pâtissier à qui la goutte faisait pousser de
grands cris. Je ne ménageai pas plus son sang que celui
de l'alguazil, et je ne lui défendis point la boisson. Je
reçus douze réaux pour mes ordonnances; ce qui me fit
prendre tant de goût à la profession, que je ne demandai
plus que plaie et bosse. En sortant de la maison du
pâtissier, je rencontrai Fabrice que je n'avais point vu
depuis la mort du licencié Sédillo. Il me regarda pen-
dant quelques moments avec surprise ; puis il se mit à
rire de toute sa force, en se tenant les côtés. Ce n'était
pas sans raison : j'avais un manteau qui traînait à terre,
avec un pourpoint et un haut-de-chausses, quatre fois
plus longs et plus larges qu'il ne fallait. Je pouvais
passer pour une figure originale. Je le laissai s'épanouir
la rate, non sans être tenté de suivre son exemple; mais
je me contraignis, pour garder le décorum dans la rue,
et mieux contrefaire le médecin, qui n'est pas un animal
risible. Si mon air ridicule avait excité les ris de Fabrice,
mon sérieux les redoubla; et lorsqu'il s'en fut bien donné :
„Vive Dieu! Gil Bias", me dit-il, „te voilà plaissam-
0 Le plus ancien des médecins de l'antiquité grecque duquel les
écrits soient parvenus jusqu'à nous, né à Cos en 460 av. J. C. On
le regarde comme le père de la médecine.