Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Vorige scan Volgende scanScanned page
126
pas bon pour t'en répondre, Celse même t'en sera
garant. Cet oracle latin fait un éloge admirable de l'eau:
ensuite il dit en termes exprès que ceux qui, pour boire
àxi vin, s'excusent sur la faiblesse de leur estomac, font
une injustice manifeste à ce viscère, et ctiercbent à cou-
vrir leur sensualité".
Comme j'aurais eu mauvaise grâce de me montrer indo-
cile en entrant dans la carrière de la médecine, je parus
persuadé qu'il avait raison; j'avouerai même que je le
crus effectivement. Je continuai donc à boire de l'eau
sur la garantie de Celse, ou plutôt je commençai à noyer
la bile en buvant copieusement de cette liqueur; et quoi-
que de jour en jour je m'en sentisse plus incommodé, le
préjugé l'emportait sur l'expérience. J'avais, comme on
voit, une heureuse disposition à devenir médecin. Je ne
pus pourtant résister toujours à la violence de mes maux,
qui s'accrurent à un point que je pris enfin la résolution
de sortir de chez le docteur Sangrado, Mais il me chargea
d'un nouvel emploi qui me fit changer de sentiment.
„Ecoute, mon enfant", me dit-il un jour, „je ne suis
point de ces maîtres durs et ingrats qui laissent vieillir
leurs domestiques dans la servitude avant que de les
récompenser. Je suis content de toi, je t'aime; et sans
attendre que tu m'aies servi plus longtemps, je vais faire
ton bonheur. Je veux tout à l'heure te découvrir le fin
de l'art salutaire que je professe depuis tant d'années.
Les autres médecins en font consister la connaissance
dans mille sciences pénibles; et moi, je prétends t'abré-
ger un chemin si long, et t'épargner la peine d'étudier
la physique, la pharmacie, la botanique et l'anatomie.
Sache, mon ami, qu'il ne faut que saigner et faire boire
de l'eau chaude; voilà le secret de guérir toutes les ma-
ladies du monde. Oui, ce merveilleux secret que je te
révèle, et que la nature impénétrable à mes confrères
n'a pu dérober à mes observations, est renfermé dans ces
deux points, dans la saignée et dans la boisson fréquente.
Je n'ai plus rien à t'apprendre, tu sais la médecine à
fond, et profitant du fruit de ma longue expérience, tu
deviens tout d'un coup aussi habile que moi. Tu peux,
continua-t-il, me soulager présentement: tu tiendras le
matin notre registre, et l'après-midi tu sortiras pour
aller voir une partie de mes malades. Tandis que j'aurai
Célèbre médecin qui vivait sous Auguste et Tibère.