Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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bonde. Ils n'ont point de Dieu, point de patrie, point
de maître. Ils ne eonnaissent pas l'usage des maisons;
ils naissent, se marient et meurent en plein air. Ils par-
lent trois langues: le français, le catalan, puis leur langue
à eux, leur langue bohémienne, étrange et mystérieuse,
dont j'eus beaucoup de peine à leur arracher quelques
mots. Ils vont alternativement de France en Espagne,
et d'Espagne en France, flânant, mendiant, gueusant. Leur
principal métier est la contrebande. Pour se mettre à
l'abri de la police, ils disent qu'ils font le commerce des
ânes. A cet effet ils ont toujours deux ou trois ânons
avec eux. Ils ne disent plus la bonne aventure, comme
jadis; il paraît que le métier de sorcier est devenu très-
mauvais en France; il se soutient peut-être encore quel-
que pei; en Espagne. Pendant leur séjour dans les villes,
ils envoient leurs enfants courir les rues et les prome-
nades pour attraper quelques sous en faisant des tours
de force, et en exécutant avec leurs mâchoires la singu-
lière musique que j'ai décrite plus haut. Quant aux
pères et mères, far-niente italien dans toute sa plénitude:
ils passent leur temps à causer au soleil ou à donnir à
l'ombre. Ils sont tous d'une saleté repoussante. Les
Gitanos ramassent sur les fumiers et dans les ruisseaux
les légumes jetés et la viande gâtée, pour en faire leur
nourriture.
„Comme je me levais pour partir, mon Gitano me
demanda si je voulais partager son repas de famille;
j'esquivai de mon mieux cette invitation patriarcale, et
je pris congé de mes amis les Bohémiens en leur pro-
mettant une seconde visite que je n'ai point faite."
Gii Bias s'engage au service du docteur Sangrado,
et devient un célèbre médecin.
Je résolus d'aller trouver le seigneur Arias de Lon-
dona, et de choisir dans son registre une nouvelle con-
dition; mais, comme j'étais près d'entrer dans le cul-de-
sac où il demeurait, je rencontrai le docteur Sangrado,
que je n'avais point vu depuis le jour de la mort de mon
maître, et je pris la liberté de le saluer. Il me remit
dans le moment, quoique j'eusse changé d'habit; et té-
moignant quelque joie de me voir: „Eh! te voilà, mon
enfant", me dit-il, „je pensais à toi tout à l'heure. J'ai