Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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on trouve des regrets sur la terre de Chai, l'Égypte et
son beau fleuve. Les Bohémiens ont une physionomie
belle et expressive qui se rapproche beaucoup de celle
des Persans, de même que leur taille mince et souple et
leurs membres nerveux et bien tournés.
Nous trouvons dans un journal français quelques pages
fort agréables sur ce sujet; nous les copions:
„11 n'est pas de ville en France moins française que
Perpignan: mœurs, langage, costume, figure, tout y est
espagnol. Calais est moins anglais, Strasbourg moins
allemand ; peut-être en arrivant on est tenté de demander
l'alcade. La raison de ce phénomène est très-simple: Perpi-
gnan n'est réuni à la France que depuis 1642, et deux cents
ans ne suffisent pas pour changer a nationalité d'un pays.
Ces rues sales, étroites et tortueuses; ces vieilles maisons
à balcons, peintes sur la façade, et dont les rares fenê-
tres sont armées de grilles; ces églises tapissées de ma-
dones, de reliques et d'ex-voto, où de jeunes femmes en
mantilles noires prient agenouillées sur le pavé ; ces pèle-
rins maigres, pâles et crasseux, qui, la chape sur l'épaule
et le bourdon en main, vous demandent la charité au nom
de Notre-Dame de Lérida; ces hommes du peuple aux
formes athlétiques, au teint basané, à l'œil ardent, aux
manières rudes et maussades, qui donnent à l'ombre, la
tête coiffée d'un long bonnet rouge, les reins serrés par
une large ceinture rouge; ces paysannes en jupon court
qui amènent leurs denrées au marché, montées sur de
petits mulets ornés de grelots ; ce patois catalan qui bour-
donne à vos oreilles, ces bosqixets d'orangers et de gre-
nadiers, ce ciel si bleu et constamment pur, tout vous
annonce le doux pays d'Espagne, à la fois, si beau, si
affreux, si admiralsle, si dégoûtant; terre à jamais clas-
sique de la poésie, du despotisme, de la dévotion et de
la misère.
„Je faisais ces réflections le 15 mai 1831, assis sur le
parapet du pont du Tet, petite rivière qui défend Per-
pignan du côté de la France. Il était midi; c'est l'heure
où, suivant le vieux proverbe espagnol, on ne voit hors
des maisons que des Français ou des chiens. Pour moi,
soit dit en passant, je maintiens que les Français et les
chiens ont raison; car c'est au milieu du jour, pendant
l'été, que les pays méridionaux brillent dans toute la
plénitude de leur magnificence... Il était donc midi.
Le thermomètre marquait 26 degrés; il faisait une de