Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Vorige scan Volgende scanScanned page
115
ce que lui peignait son imagination, commença ce beau
discours, en indiquant avec la main tous les objets qu'il
montrait à Sancho:
„Ce clievalier", dit-il, „que tu vois avec une armure
d'or, et qui porte sur son bouclier un lion couché près
d'une bergère, c'est le valeureux Laurcalque, seigneur et
prince du Pont d'argent. Celui-là, dont l'écu est bleu
avec ces trois couronnes blanches, c'est le redoutable
Micocolembo, duc de la grande Quirocie.. Tu dois remar-
quer près de lui, à droite, ce géant terrible et farouche ;
c'est le fameux Brandabarbaran, souverain des trois Ara-
bles. Il est toujours couvert d'une peau de serpent, et
son bouclier est une des portes de ce temple des Philistins,
que Samson détruisit en mourant. Tourne à présent par
ici; et là, devant toi, à la tête de l'autre armée, tu vois
le brave Timonel de Carcassonne, prince de la Nouvelle-
Biscaye, qui porte écartelé d'azur, de sinople, d'or et
d'argent. Remarque, remarque sur le cimier de Timonel
ce beau chat de couleur fauve, au bas duquel est écrit
„Miau", première syllabe du nom de sa dame, la char-
mante et belle Miauline, fille du duc des Algarves. Cet
autre qui passe dans ce moment sur cette belle jument
tigrée, et qui porte des armes blanches, c'est un Fran-
çais, nouveau chevalier, appelé Pierre Pépin, seigneur et
baron d'Utrique. Plus loin, celui que tu vois avec les
talons ferrés, monté sur ce cheval sauvage, c'est le puis-
sant duc de Nervie, Aspergifilardo du Bocage, qui porte
une asperge sur son écu, avec cette devise espagnole:
„De moi-même je renais". Enfin Don Quichotte nomma
plus de cent chevaliers de l'une et l'autre armée en don-
nant à chacun des armes, des couleurs, des emblèmes
différents; et, sans reprendre un instant haleine, il pour-
suivit de la sorte;
„A présent, ami, je dois te montrer les différentes na-
tions qui vont ensanglanter ces plaines. Tu vois d'abord
là, en première ligne, ceux qui boivent les eaux du fa-
meux Xanthe; les habitants de l'Atlas et des campagnes
de Massile; ceux qui recueillent l'or de l'Arabie heureuse,
et ceux qui jouissent des ombrages frais du limpide Ther-
modon ; ceux qui détournent dans leurs champs fertiles les
trésors du riche Pactole; les Numides trop souvent perfides;
les Perses adroits à tirer de l'arc; les Parthes qui com-
battent en fuyant; les Arabes errants sous des tentes; les
Scythes indomptés et cruels; les Éthiopiens aux lèvres