Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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voilà le même tourbillon". Don Quichotte, se retournant,
vit que Sancho disait vrai, et ne douta plus que ce ne
fussent deux grandes armées qui marchaient Tune contre
Tautre. C'étaient deux troupeaux de moutons qui venaient
par deux chemins opposés, et qui élevaient autour d'eux
une poussière si épaisse, qu'il était impossible de les
reconnaître, à moins que d'en être tout près.
Don Quichotte, transporté de joie, répétait avec tant
d'assurance que c'étaient deux armées, que Sancho finit
par le croire, et lui dit: „Eh bien! monsieur, qu'avons-
nous à faire là?" — „Ce que nous avons à faire?" reprit
le chevalier déjà hors de lui, „prendre le parti le plus
juste: et je vais, en peu de mots, t'expliquer ce dont il
s'agit.
„Ceux qui viennent ici vis-à-vis de nous suivent les
enseignes de l'empereur Alifanfaron, souverain de la grande
île de Taprobane. Les autres qui s'avancent par là, sont
les guerriers de son ennemi, le puissant roi des Gara-
mantes, Pentapolin au bras retroussé, ainsi nommé, parce
que, dans les batailles, on le voit toujours le bras nu".—
„Oui", dit Sancho, „mais pourquoi ces messieurs s'en
veulent-ils?" — „Par la raison", répit Don Quichotte, „que
cet Alifanfaron, qui est païen, est devenu amoureux de la fille
de Pentapolin, qui est jeune, belle et chrétienne. Tu sens
bien que Pentapolin ne veut pas donner sa fille à un roi
mahométan, et qu'il exige qu'Alifanfaron commence par se
faire baptiser". — »P^i-r ma barbe! il a raison, Penta-
polin; et je l'aiderai tant que je pourrai". — „Tu feras
ton devoir, Sancho: je te px'éviens, que, pour combattre
en bataille rangée, il n'est point du tout nécessaire d'avoir
été armé chevalier". — „C'est bon, je suis pour Penta-
polin. Tout ce qui m'inquiète, c'est mon âne. Je ne
peux guère aller me fourrer avec lui parmi tant de cava-
lerie, et je voudrais le mettre dans un endroit où je sois
sûr de le retrouver quand la chose sera finie". — „Ke
t'embarrasse point, mon ami; qu'il se perde ou non, peu
importe : nous aurons après la victoire tant de chevaux
à choisir, que Rossinante lui-même court de grands ris-
ques d'être échangé. Mais je veux te faire connaître les
principaux chevaliers qui font la force de ces deux ar-
mées. Viens les voir avec moi sur cette colline".
Tous deux gagnèrent alors une petite hauteur d'où
ils auraient fort bien distingué les troupeaux, sans la
poussière qui les leur dérobait. Là Don Quichotte, voyant