Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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aux Dardanelles, pour en faire venir encore quelques
vaisseaux. Il employa toute la journée suivante à établir
des batteries sur le rivage. Une fut placée sur le rocher
qui rétrécissait l'entrée du golfe. Quatre vaisseaux, placés
en travers dans l'intérieur du golfe, couvraient toute la
flotte et défendaient le passage. Mais pendant cette même
journée, l'escadre russe, parvenue à se réunir, préparait
des brûlots pour une expédition plus terrible qu'un combat.
Au milieu de la nuit ces brûlots s'avancent, soutenus
par trois vaisseaux de ligne, une frégate et une bom-
barde. Un de ces vaisseaux, monté par Grregg, arriva
le premier à l'entrée du port, et y resta longtemps exposé
au feu de la batterie et des quatre vaisseaux ennemis,
faisant de son côté un feu terrible et continuel, avec des
grenades, des boulets rouges, des carcasses, des fusées, de
la mitraille. Les deux autres vaisseaux arrivèrent enfin
à la même portée, et commencèrent un feu semblable,
tandis que la bombarde, placée à leur tête, envoyait au
loin ses bombes dans l'intérieur du golfe. Pendant ce
temps, les deux brûlots approchent, conduits l'un et
l'autre par des officiers anglais. L'un, dont le comman-
dant ne put bien faire comprendre ses ordres par les Es-
clavons et les Grecs qui formaient son équipage, prit feu
trop tôt et 'brûla inutilement; l'autre s'en éloigna et gagna
le centre de l'ennemi. Le crampon s'accrocha à quelques
grillages d'un des plus gros vaisseaux turcs. Cinq mi-
mutes après le vaisseau turc fut enflammé, et le feu gagna
aussitôt les trois autres vaisseaux qui fermaient l'entrée
du port.
Les vaisseaux russes, auxquels on avait envoyé toutes
les chaloupes, se retirèrent pour n'être pas exposés quand
les vaisseaux ennemis sauteraient en l'air.
L'escadre turque était si [resserrée, que les vaisseaux
se touchaient presque les uns les autres. En peu d'in-
stants, les flammes, poussées par le vent, s'élevèrent,
s'étendirent, et offrirent aux yeux des Russes le spectacle
de la flotte ennemie embrasée tout entière. Le golfe de
Tchesmé ne paraissait qu'un immense globe de feu. De
lamentables cris sortaient de cette mer enflammée. La
plus grande partie des équipages turcs était descendue à
terre dans la journée précédente. Ce qui restait dans
les navires, se précipite dans la mer et cherche à fuir
au rivage. Mais les canons de ces vaisseaux étant char-
gés, à mesure que la flamme les échauffait, les batteries