Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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Nuit brillante, dis-nous qui t'a donné tes voiles?
0 cieux, que de grandeur, et quelle majesté!
J'y reconnais un maître à qui rien n'a coûté.
Et qui dans vos déserts à semé la lumière,
Ainsi que dans nos champs il sème la poussière.
Toi qu'annonce l'aurore, admirable flambeau.
Astre toujours le même, astre toujours nouveau.
Par quel ordre, ô soleil, viens-tu du sein de l'onde
Nous rendre les rayons de ta clarté féconde?
Tous les jours je t'attends, tu reviens tous les jours:
Est-ce moi qui t'appelle et qui règle ton cours?
Et toi, dont le courroux veut engloutir la terre.
Mer terrible, en ton lit quelle main te resserre?
Pour forcer ta prison tu fais de vains efforts ;
La rage de tes flots expire sur tes bords.
Fais sentir ta vengeance à ceux dont l'avarice
Sur ton perfide sein va chercher son supplice.
Hélas, prêts à périr, t'adressent-ils leurs voeux?
Ils regardent le ciel, secours des malheureux.
La nature, qui parle en ce péril extrême.
Leur fait lever les mains vers l'asile suprême :
Hommage que toujours rend un coeur effrayé
Au Dieu que jusqu'alors il avait oublié!
La voix de l'univers à ce Dieu me rappelle;
La terre le publie. Est-ce moi, me dit-elle,
Est-ce moi qui produis mes riches ornements?
C'est celui dont la main posa mes fondaments.
Si je sers tes besoins, c'est lui qui me l'ordonne;
Les présents qu'il me fait, c'est à toi qu'il les donsie.
Je me pare des fleurs qui tombent de sa main;
Il ne fait que l'ouvrir, et m'en remplit le sein.
Pour consoler l'espoir du laboureur avide.
C'est lui qui dans l'Egypte, où je suis trop aride,
Veut qu'au moment prescrit, le Nil, loin de ses bords,
Répandu sur ma plaine, y porte mes trésors.
A de moindres objets tu peux le reconnaître:
Contemple seulement l'arbre que je vais croître;
Jlon suc, dans la racine à peine répandu.
Du tronc qui le reçoit à la branche est rendu;
La feuille le demande, et la branche fidèle.
Prodigue de son bien, le partage avec elle.
De l'éclat de ses fruits justement enchanté,
Ne méprise jamais ces plantes sans beauté.
Troupe obscure et timide, humble et faible vulgaire;