Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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est délicieuse par sa fertilité, par les fruits exquis qu'elle
l>orte, par le nombre de villes et de villages qui se tou-
chent presque; enfin par la douceur de son climat, car
les montagnes mettent cette côte à l'abri des vents brû-
lants du midi. Elle est rafraîchie par le vent du nord,
qui souffle du côté de la mer. Ce pays est au pied du
Liban, dont le sommet fend les nues et va toucher les
astres; une glace éternelle couvre son front; des fleuves
pleins de neige tombent, comme des torrents, des rochers
qui environnent sa tête. Au-dessus, on voit une vaste
forêt de cèdres antiques qui paraissent aussi vieux que la
terre où ils sont plantés, et qui portent leurs branches
épaisses jusque vers les nues. Cette forêt a sous ses
jrieds de gras pâturages dans la pente de la montagne;
c'est là qu'on voit errer les taureaux qui mugissent. Les
brebis qui bêlent, avec leurs tendres agneaux, bondissent
sur l'herbe. Là coulent mille ruisseaux d'une eau claire.
Enfin on voit au-dessous de ces pâturages le pied de la
montagne, qui est comme un jardin: le printemps et
l'automne y régnent ensemble, pour y joindre les fleurs
et les fruits. Jamais ni le souffle empesté du midi, qui
sèche et qui brûle tout, ni le rigoureux aquilon, n'ont
osé effacer les vives couleurs qui ornent ce jardin.
C'est auprès de cette belle côte que s'élève, dans la
mer, l'île où est bâtie la ville de Tyr. Cette grande
ville semble nager au-dessus des eaux, et être la reine
de toutes les mers. Les marchands y abondent de toutes
les parties du monde, et ses habitants sont eux-mêmes les
plus fameux marchands qu'il y ait dans l'univers. Quand
on entre dans cette ville, on croit d'abord que ce n'est
point une ville qui appartienne à un peuple particulier,
mais qu'elle est la ville commune de tous les peuples et
le centre de leur commerce. Elle a deux grands môles,
semblables à deux bras qui s'avancent dans la mer, et
qui embrassent un vaste port. On voit comme une forêt
de mâts de navires, et ces navires sont si nombreux qu'à
peine peut-on découvrir la mer qui les porte. Tous les
citoyens s'appliquent au commerce, et leurs grandes riches-
ses ne les dégoûtent jamais du travail nécessaire pour les
augmenter. On y voit de tous côtés le fin lin d'Égypte et
la poupre tyrienne deux fois teinte d'un éclat merveil-
leux. Cette double teinture est si vive que le temps ne
peut l'efiFacer. On s'en sert pour des laines fines, qu'on
rehausse d'une broderie d'or et d'argent.