Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Vorige scan Volgende scanScanned page
101
du niveau de la mer; tout ce qu'ils peuvent faire, c'est
de montrer l'extrémité de leurs nageoires dorsales; c'est
même à ce signe que, dans le calme, on peut les recon-
naître de loin. On dit que le requin sent un malade à
bord d'un navire à la distance de plusieurs lieues, et
qu'il le suit avec ardeur, s'il s'agit d'un malade en dan-
ger de mort; on dirait qu'alors il poursuit une proie
assurée.
Quoi qu'il en soit, ce qui n'est pas douteux, c'est
l'étonnante sagacité du requin à choisir les lieux et les
circonstances les plus favorables à ses appétits gloutons.
Ainsi, on ne sait par quel instinct il s'attache à suivre
de préférence les navires négriers, où l'entassement bar-
bare de tant de créatures humaines à fond de cale pro-
duit la mortalité dont il profite. Aussi, dans les jours
de tempête, on le voit s'ébattre joyeux et sûr de sajour-
née, à la périlleuse barre du Sénégal, où tant de piro-
gues et de chaloupes viennent chavirer.
Les autres poissons évitent le dangereux voisinage du
requin. Deux espèces seulement font exception à cette
règle: l'une est celle du rémora^ l'autre celle du pilote^
petit animal long d'un demi-pied au plus, qui vit dans
sa société. Chacun de ces squales a en effet deux, trois,
quatre, et jusqu'à six de ces pilotes qui frétillent sans
cesse autour de lui, passent vingt fois dans une heure
autour de ses mâchoires, se jouent sur son dos, sous son
ventre, à sa tête ou à sa queue. Pourquoi le requin les
épargne-t-il ? Ces satellites sont-ils des espions à ses
ordres, ayant la vue plus perçante que lui, et chargés
de l'avertir du danger? Ils l'assistent jusque dans son
agonie; quand, accroché par l'émérillon, il se débat
contre la mort, ils l'accompagnent jusqu'à ce qu'on le
haie; alors ils s'enfuient; et s'ils ne peuvent se rallier à
aucun autre protecteur, ils suivent encore pendant quel-
ques jours le navire où a fini leur premier maître.
La chair des requins est dure et indigeste; on la mange
pourtant à bord des vaisseaux, et les marins s'en accom-
modent assez bien.
Une partie de trictrac.
J'avais senti pétiller mon argent au moment qu'il avait
lâché le mot de cartes et de dés. Je fus un peu surpria