Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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pourtant des écharpes de crêpe, tous les tambours en
étaient couverts; ils ne battaient qu'un coup, les piques
traînantes et les mousquets renversés; mais ces cris de
tout une armée ne peuvent pas se représenter sans que
l'on en soit ému. Ses deux neveux étaient à cette pompe
dans l'état que vous pouvez penser, M. de Roye, tout
blessé, s'y fit porter; car cette messe ne fut dite que
quand ils eurent repassé le Rhin. Je pense que le pauvre
chevalier de Grrignan était bien abîmé de douleur. Quand
ce corps a quitté son armée, ç'a encore été une désola-
tion; et partout où il a passé, on n'entendait que des cla-
meurs. Mais à Langres, ils se sont surpassés: ils allèrent
au-devant de lui en habit de deuil, au nombre de plus
de deux cents, suivis du peuple; tout le clergé en céré-
monie. Il y eut un service solennel dans la ville; en un
moment ils se cotisèrent tous pour cette dépense, qui monta
h cinq mille francs^ parce qu'ils reconduisirent le corps
jusqu'à la première ville, et voulurent défrayer tout le
train. Que dites-vous de ces marques naturelles d'une
affection fondée sur un mérite extraordinaire? Il arriva
à Saint-Denis ce soir; tous ses gens l'allèrent reprendre
à deux lieues d'ici. II sera dans une chapelle en dépôt;
on lui fera un service à Saint-Denis, en attendant celui
de Notre-dame, qui sera solennel.....
Ne croyez point que son souvenir soit déjà fini dans
ce paj's-ci; ce fleuve qui entraîne tout, n'entraîne pas sitôt
une telle mémoire: elle est consacrée à l'immortalité.
M« De Sévigné.
Pêche de requin.
Un énorme requin venait de mordre à l'émérillon lancé
le long du bord, et les matelots, fiers de leur capture,
faisaient filer sur l'arrière la chaîne de fer par laquelle
le poisson était retenu. L'émérillon, amorcé avec un co-
pieux morceau de lard, avait suffi à ce beau coup de
pêche. A la vue de l'appât, notre requin avait pris son
élan avec impétuosité, et dans un demi-tour sur le dos,
il avait tout happé, lard, émérillon, totit jusqu'à la
chaîne. II en avait alors au moins quinze pouces dans
le corps. Qu'on juge des soubresauts de ce monstrueux
animal qui avait seize pieds de long, lorsque, fortement
amarrée au couronnement, la chaîne résista à ses efforts