Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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Leopold, duc de Lorraine, jouait avec un pauvre gen-
tilhomme qui ne lui avait jamais demandé la moindre
grâce, et auquel il avait intention de faire quelque bien.
A cet effet il perdit à dessein et perdit beaucoup. Le
gentilhomme s'aperçut enfin du généreux artifice, et
dit en souriant: „Mon prince, la fortune vous persécute
beaucoup". — Au contraire, elle ne m'était jamais plus
favorable", reprit le duc, „je voudrais cependant être le
seul qui s'en aperçût".
Le duc d'Ossone (1579—1624), étant vice-roi de Na-
ples, alla sur les galères du roi d'Espagne, le jour d'une
grande fête, à dessein d'user du droit qu'il avait de don-
ner la liberté à un forçat. Il en interrogea plusieurs, et
leur demanda pourquoi ils étaient là. Tous ceux qu'il
interrogea, s'excusèrent sur divers prétextes, et tâchèrent
de lui persuader qu'ils étaient innocents. Il n'y en eut
qu'un qui lui dit naïvement tous les crimes qu'il avait
commis, et qui avoua avoir mérité une plus grande puni-
tion que celle qu'il souffrait. „Qu'on chasse ce méchant
homme", dit le duc, en lui faisant donner la liberté, „de
peur qu'il ne pervertisse tous ces gens de bien que voilà".
Un riche banquier de la ville de Naples, se sentant
près de sa fin, donna son fils unique aux religieux d'un
certain couvent de cette ville, pour l'élever et pour le
recevoir parmi eux au service de Dieu. Il leur laissa
tout son bien qui était de cent mille ducats; mais, en cas
que son fils voulût choisir un autre état de vie, il stipula
qu'ils lui donneraient de ce bien ce qu'ils voudraient. Ce
fils devenu majeur, ne pouvant s'accommoder de la vie
monastique, demanda le bien que son père lui avait laissé ;
et comme les bons pères ne voulaient lui donner que dix
mille ducats, il s'en plaignit au duc d'Ossone. Les pères
plaidant devant lui, représentèrent les termes les plus
précis du testament. Là-dessus le duc prononça en ces
termes: „11 est juste, mes pères, que le testament soit
exécuté; il ordonne que vous donnerez au fils ce que
vous voudrez des cent mille ducats qu'on vous a laissés ;
vous en voulez quatre-vingt-dix mille; il faut donc que
ce fils possède cette somme-là et que le reste soit pour
vous". Les pères se retirèrent, mal satisfaits d'un si
juste jugement.