Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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dans le plus grand désordre, traverse la scène et
rentre par la porte du porron.)
Lefranc. 11 faut avouer qu'il s'est bra-
vement battu. Cela m'étonne singulièremenl
de la part d'un individu qui va écouter aux
portes et-fourrer ses mains impures dans les
pupitres des autres.
François. Et qui ce matin encore a
empoché les taloches d'Ignace sans lui en
rendre une seule. (K Ignace:) Est-ce que
lar hasard tu les lui as fait parvenir de
oin? télégraphiquement? Je serais presque
çorté à le croire, d'après sa conduite de tout
a l'heure.
Ignace. Ah bien oui, ,c'est pour des
prunes sans doute que j'ai été mis au se-
cret.
(John traverse la scène en boitant et dans le
raômo état que Michel).
Un élève. Comme il nous a regardés
de travers! Est-ce notre faute, s'il s'est
laissé chiffonner ainsi par ce coquin d'Alle-
mand ?
Ignace. O ces Teutons! ils ne valent
pas le diable, je les déteste tous.
François. Et moi donc! En ai-je eu,
des pensums , à cause de cette maudite géo-
graphie de l'Allemagne ! Je frissonne rien
que d'y penser. Des royaumes, des prin-
cipautés , des duchés, des grands-duchés,
des archiduchés, des archicomtés, des villes
archilibres, des Prussiens, des Aiitrichiens,
des Cosaques, des Bohémiens, et le diable
et sa grand' mère ; c'est un véritable tohu-
bolm. Au moins dans la géographie de la
Erance il y a de l'ordre, de l'uniformité.
C'est uu vrai plaisir de l'étudier: quand,
par exemple, je ne sais pas bien ma leçon,
et qu'au lieu de dire »département des
Basses-Pyrénées," je dis »département du
Bas-Rhin," je ne me trompe eu moins que
de moitié; il y a toujours »département."
Ignace. Ah ! si le gouvernement fran-
çais se souciait tant soit peu des intérêts
de la science et de la gloire nationale , s'il
avait pour un centime de coeur et de bon
sens, il enverrait balayer tout ce moyen
âge-là; et la rive gauche du Rhin serait à
nous aussi sûrement que Constantinople est
au Grand-Turc.
François. Et nous ferions alors le coup
de fusil avec nos voisins d'Outre-Rhin ; ce
qui serait raille fois plus amusnnt que de
noua échiuer à apprendre leur géographie.
Nos livres serviraient à la confection des
cartouches; et celui qui-en brûlerait le plus ,
nni-nîf le prix d'histoire et de
aurait
et puis
les examens auraient
champ de bataille, et à toutes les questions
nous répondrions: Vive la Erance!
Tous. Vive k Erance !
Ignace. Et à bas l'Allemagne!
Tous. A bas l'xVllemagne I
François. En avant ! marchons
Contre leurs canons,
A travers
Les fers,
Les feux des bataillons ; ..,
(Le son d'une cloche appelle les élèves au réfec-
toire. François s'élance sur le perron).
Courons au réfectoire!
Les autres (le suivent bruyamment, en
répétant en choeur;)
Courons au réfectoire !
SCÈNE VIII,
le portier, seul,
(Arrivant par la g*ille et portant un litre à large
goulot, surmonté d'un énorme bouquet de fleurs.)
Bon! je vais maintenant partager ces fleurs
en deux jolis bouquets, l'un pour la loge du
Principal, l'autre pour mon salon.Pour —
mou — salon? — Eh, eh! vous perdez la
boule, monsieur Laboule. Restituez le salon
à monsieur le Principal et rentrez dans votre
loge. A tout seigneur, tout honneur. Je
disais donc... (il approche les fleurs du nea,)
Aïe, aïe, mon nezl (D'une main il se frotte le
nez, et de l'autre il secoue le bouquet.) Vous
verrez qu'elles n'en sortiront pas, ces mau-
dites mouches; il doit y avoir tout un
essaim là-dedans. (Examinant le bouquet avec
précaution.) Que vois-je? des orties! Eh,
eh ! monsieur Laboule , décidément vous avez
perdu la boule. Où avez vous donc été
prendre ces malheureuses orties? Mais c'est
comme un sort. Encore si elles m'avaient
piqué les doigts, je les ai cueillies, je ne
sais où ni comment, mon nez du moins ne
porterait pas à l'heure qu'il est une douzaine
de vessies. Eaut-il avoir du malheur! en-
foncer les bras jusqu'au coude dans des
touffes d'orties, et ne pas s'y brûler! pas
la moindre piqûre, rien, absolument rien!
(retirant les orties du bouquet) Aïel (H les jette
et frotte ia main contre la cuisse.) Diable! ç'a
été pour de bon , cette fois-ci. (Examinant
encore le bouquet.) Il n'y en a plus maint..,.
Qu'est-ce — qne c'est que ça - qu'est-ce —
que c'est que ça? des feuilles de-carotte!
(Il les retire,) En vérité, monsieur Laboule,
je ne vous reconnais plus; comment? vous
ajoutez foi à ce que le premier imbécile venu
vient vous faire accroire ? Eh bien, croirez-