Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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Un autre. Cette tête earrée-là?
Tous. Voyons, conte-nous cela.
Ignace. Je m'étais fait exempter de la
messe ce matin, et .. .
François (l'interrompant). J1 apelle ça se
faire exempter de la messe ! Euphémisme!
Ignace. Et pendant que vous y étiez,
je m'étais établi dans la petite salle d'étude,
et j'étudiais tranquillement....
François. Les moyens de ne pas te
faire exempter du cachot.
Ignace. Tais-toi, mauvais farceur. J'é-
tudiais ma leçon. Tout à coup j'entends
chanter dans la petite rue ; j'ouvre une
croisée: c'était un vieux militaire estropié,
fie lui fais signe d'attendre, je cours au
dortoir ; mais lorsque je veux ouvrir ma
malle, je n'ai plus ma clé... impossible de
la retrouver. En sortant je rencontre cette
canaille de Saint-Michel, et j'ai la bonhomie
de lui demander quelques sous pour ce
pauvre soldat. Savez-vous ce qu'il m'a ré-
pondu? — qu'il n'avait pas d'argent pour un
militaire français!
Tous. Oh!!I
Un élève. Et tu ne l'as pas calotté?
Ignace. Voilà précisément ce que j'ai
fait, et o'est pour cela aussi que j'ai été
pincé. Le traître a été pleurnicher auprès
du Principal, et celui-ci n'a pas voulu en-
tendre ma justification.
Lefranc. Mais c'est une infamie,
cela !
Ignace. Que peut-on attendre de bon
d'un écouteur aux portes ?
Lefranc. Que dis-tu là?
Ignace. Je dis que le surlendemain de
son arrivée au collège, je l'ai rencontré
dans le corridor, l'oreille collée contre l'une
des portes , je ne me rappelle plus bien la-
quelle, n'importe. Et que, qunnd il m'a
entendu venir, il est devenu rouge comme
une écrevisse et a fait semblant de chercher
quelque chose par terre. Cela n'est pas
tout, il y a quelques jours, — c'était mer-
credi , je crois, — j'ai demandé à sortir
pendant la classe, pour aller chercher mon
Virgile , que j'avais laissé à l'étude. Qui
trouvé-je là? c'est Saint-Michel, qui fouillait
dans mon pupitre.
Lefranc. Pas possible!
Ignace. Parole d'honneur! Je vous dis
que ce Saint-Michel est un espion, s'il n'est
pis.
SCÈNE IV.
les précédents, michel.
(Michel descend le perron et se dirige vers
la grille).
François (chantant). Ah! l'honnête
homme.,.
Tous. Pouah !
(Michel se retourne; après avoir fait quelques
pas vers le groupe des élèves, il hésite, hausse les
épaules et s'en va par la grille.)
Les élèves, A bas le mouchard! (Coups
de sifflet.)
SCÈNE V,
les peécéuesis, excepté michel.
Ignace. J'ai égaré la clé de ma malle,
je gagerais ma tête à couper que c'est lui
qui l'a.
Lefranc. D'après ce que tu viens de
nous dire, je ne parierais pas contre. Mais
nous ne sommes pas assez moutons pour
laisser passer la chose comme cela. H faut
faire Heguerpir ce coquin-là. Moi, je me
charge d'aller tout dire au Principal ; tu
viendras avec moi, Ignace. Il ne pourra
)as refuser de chasser un individu qui fait
i des soldats français et qui serait cause
qu'il y aurait tous les jours des batailles.
Un élève. Faisons plutôt une pétition,
nous signerons tous.
François, Oui, oui; nous demanderons
en même temps que l'économe ne nous fasse
plus servir de choucroute en hiver, parce
que nous l'avons en horreur ; ni de carottes
deux fois par semaine, Ignace ne les aime
plus.
Ignace. Ecoutez ce que je vais vous
proposer, et toi François, garde tes bêtises
)our toi. Gardons-nous de rien dire au
Principal de tout ce qui concerne cette his-
toire. Ce Saint-Michel aurait le front de tout
nier, nous y gagnerions une lavasse, et le
jésuite nous ferait un pied de nez par dessus
le marché. D'ailleurs , qu'est-ce que ça lui
ferait de quitter le collège? il irait ailleurs,
et aurait l'agrément de faire un voyage,
pendant que nous resterions collés sur nos
auteurs.
Un élève. Je suis tout-à-fait de l'avis
d'Ignace. Oui, il faut que cc gueux reste
ici; nous lui ferons des niches, en veux-tu
en voilà ; et à la première occasion nous lui
tomberons dessus et il aura une roulée soignée.
Il faut châtier cet insolent; il faut nous
venger.