Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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Lefranc, Voyons, pas de bouffonneries!
nous voulons savoir pourquoi cela n'a pas
réussi,
Prançois, Vous voulez savoir pourquoi?
Il fallait donc le dire. C'est que je n'ai
pas essayé.
Tous. Oho!
Un élève. Elle est fameuse, çelle-là!
Lefranc. Mais puisque tu n'as pas es-
sayé , cpmment.
Erançois (l'interrompant).' Un instant, un
instant ! Tu n'as pas la parole. Vous voulez
savoir le pourquoi ; laissez-moi donc expli-
quer la chose. Au moment où j'allais nouer
la ficelle autour de la bouteille, j'entends
pst ! pst ! Je me retourne, c'est le portier
qui me fait signe. Je m'approche, il nie
dit: »Vous ne savez donc pas? Monsieur
le Principal a dit l'autre jour qu'il ferait
murer la petite fenêtre du cachot la pre-
mière fois qu'on s'aviserait encore d'y faire
passer la moindre des choses. Et quand, il
dit quelque chose , vous savez qu'il ne plai-
sante pas. D'ailleurs j'ai ordre d'ouvrir à
M. Ignace dans line demi-heure d'ici."
Moi, quand j'entends ça, je me dis : C'est
bon, j'aime mieux que la fenêtre reste dans
son statu quo. Et comme la ficelle était là
qui dansait d'impatience, je n'ai pas voulu
la laisser remonter à vide, et, ma foi', j'ai
été arracher une grosse carotte, que j'y ai
attachée. Bon appétit! Elle ne s'étoilera pas
contre le mur, celle-là.
Lefranc. Non, mais elle se cognera
contre ta tête, quand Ignace sera sorti.
Erançois. O pour ça, il n'y a pas de
danger. Je parie que, dans le premier ac-
cès de la colère, il l'a écrasée en mille
morceaux! elle doit être en bouillie main-
tenant.
Lefranc. Et où as-tu laissé la bouteille?
Erançois, Je l'ai placée à fonds perdus.
Un élève. 11 l'a vidée, le biberon!
Erançois. Si je l'ai vidée, ce n'est pas
dans mon gosier du moins.
Un élève. Non, c'est dans ton gousset.
Lefranc. Tu as eu tort de ne pas lui
envoyer le vin. Il faut être bon camarade ,
que diable !
Erançois. Puisque je te dis que nous
risquions de nous voir mettre une oeillère.
Tu fais le beau prêcheur, toi qui ne te fais
jamais mettre au cachot. Je voudrais bien
te voir dans ce temple-là avec ta camara-
derie. Moi, j'ai agi en homme qui songe à
l'avenir , . . suffit!
Un élève. Tu y as toujours fait passer quel-
que chose; ainsi, la fenêtre est condamnée.
Erançois. Une carotte! ça ne compte
pas.
L'élève. Ça compte !
Lefranc. Ignace t'en tiendra compte,
toujours; comptes-y.
Un élève, Le voilà justement qui vient.
SCÈNE III.
les p&ecedents, ignace.
Ignace (entrant par la grille). Quel est ïe
mauvais garnement qui m'a fait cette vilaine
farce ?
F r a n ç 0 i s, Le mauvais garnement, c'est toi,
et celui qui t'a régalé d'une carotte, c'est moi.
(Ignace veut lui sauter au collet, les autres sMnter-
posent). Doucement, doucement ! Il y a bien
de quoi prendre la mouche; ce comestible-
là t'a valu ta mise en liberté. (Ignace fait
un mouvement de colère.) Laissc-moi douc par-
ler. Quand tu as descendu la ficelle, le
portier sortait justement du jardin avec une
grosse botte de carottes. Alors j'ai eu une
idée; je lui montre mon litre, et je dis:
Monsieur Laboule, goûtez-moi ça. — Udit:
Merci, je n'ai pas soif, — Faisons un
échange, que je dis , je vous donnerai ce
vin, vous me donnerez une de vos carottes
et quelque chose avec. — A vot' service,
qu'il fait, deux si vous voulez. — Je dis;
Je n'eu veux qu'une; mais il me faudrait
encore quelque chose avec, --- Il dit : Du
sel et du poivre? — Je dis : Non, la clé
du cachot. — Enfin, après s'être fait tirer
la manche, pour la frime, s'entend, il a
fini par accepter — le vin, en me promettant
de te relâcher dans un quart d'heure.
Ignace. Est-ce bien vrai, ce que tu
me chantes là ?
François. Puisque te voilà.
Ignace. Une botte de carottes, un di-
manche ! cela m'a tout l'air d'une colle de
ta fabrique.
, Erançois. Que veux-tu? il y a tanjt de
gens qui profanent le dimanche. Toi, par
exemple, qui, au lieu de nous suivre à l'é-
glise, t'es fait coffrer, dans l'intention peu
chrétienne de sacrifier à Bacchus. (Avec
emphase :) Aussi le Cicl n'a point permis que
le sacrilège s'accomplît.
Lefranc. Allons, allons, le persifflage
ne vaut rien entre amis. Et toi, Ignace ,
oublie ta rancune, et dis-nous pourquoi tu
as été enfermé.
Ignace. Ah! c'est toute une histoire ;
c'est ce cliien d'Allemand qui en est cause.
Un élève. Saint-Michel?