Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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en apprenant que son fils avait été renvoyé
de l'équipage dont il faisait partie parce
qu'il n'était qu'un paresseux et uu mauvais
sujet, l'oncle s'était remarié ne laissant à
sa sœur qu'une modeste pension; car la mort
de M. Bertrand avait enlevé à la veuve
toutes ses ressources. Elle avait donc tout
juste de quoi vivre pour elle, et Pierre était
incapable de se tirer d'affaire et de gagner
sa vie.
Le malheureux était fort triste, -tout en
fumant sa pipe de marin; il pensait au
temps qu'il avait perdu, et remettait peut-
être alors de n'avoir jamais été qu'un pa-
resseux, quand en regardant machinalement
le papier qui enveloppait son tabac, il aper-
çut ces mots:
— Ex libris Petri Bertrandi !
11 jeta un cri, renversa son tabac sur la
table, décolla le sac et me reconnut.
— Mon dictionnaire grec! s'ccria-t-il.
Puis il se tut et je pus voir des krmes
couler de ses yeux. Il resta absorbé pen-
dant longtemps, me regardant toujours, enfin
je l'entendis murmurer à voix basse:
— Que de souvenirs ce morceau de livre
me rappelle. , . Les beaux jours de mon
enfance perdus ! Ah ! si j'avais su alors..,
ce livre n'en serait pas là... ni moi non
plus. .. Réduit à me faire ouvrier pour
vivre! Ah! si c'était à refaire. . . comme
je travaillerais ! mais aujourd'hui . . . c'est
impossible . . .
— Pourquoi , mon fils! dit la mère qui
venait'd'entrer ... 11 n'est jamais trop tard
pour bien faire.. . tout peut encore se ré-
parer ... Tu n'as que quinze ans . . . tra-
vaille et espère...
— Oh ! oui, mère ... tu as raison , ..
reprit Pierre avec enthousiasme , il est en-
core temps ... la paresse m'avait tué . . .
que le travail me relève I
Je n'entendis pas davantage; dans son
ardeur, mou maître venait de jeter mon
morceau dans le feu,.
Eugène Nyon.
89., LA ERANCE ET L'ALLEMAGNE
AU COLLEGE.
Coméclie en un acte.
PEllSONNAGES
François,
L e f r a n c ,
Ignace, J> élèves internes d'un collège.
Michel,
John,
Laboule, portier.
Plusieurs élèves.
Le théâtre représente l'avant-cour d'un collège.
X^ne porte-cgchère au fond ; à droite, la loge du
portier; du même côté, sur le devant, un perrqn
conduisant dans l'intérieur du corps de bâtiment; à
gauche, un mur avec une grille séparant l'avant-cour
de la cour principale.
SCÈNE r.
LEPKAKC , PLUSIEURS AUTRES ÉLÈVES.
Un élève. Il le verra.
Un autre. 11 ne le verra pas.
Le premier élève. 11 le verra, te
dis-je.
L'autre. Il ne le verra pas, ses croi-
sées sont fermées.
Le premier. Les rideaux ne le sont
pas ; il le verra.
L'autre. Je parie que non.
Le premier. Je parie que si,
Lefranc, Le fait est qu'il aurait mieux
valu attendre que le Principal fût sorti; nous
étions sûrs alors qu'il ne le verrait pas.
L'autre élève. Oui, attendre qu'il nous
fallût partir pour la promenade; joli moyen
de servir un ami! Je ne 6uis pas pour les
délais, moi.
Lefranc. Ni moi non plus; mais je
suis pour le proverbe qui dit »hâte-toi len-
tement" ... on arrive plus vite.
L'autre élève. Avec ton »hâte-toi en
lanternant" Ignace mourrait de soif.
Lefranc. 0 pour cela, l'eau fraîche ne
lui^ manque pas. Il y en a toujours à dis-
crétion, au cachot comme au réfectoire.
Un troisième élève. Voilà Erançois
qui_ revient. Comme il marche ! on dirait
qu'il a des semelles de plomb. -
Le deuxième élève. Il est probable-
ment pour le »hâte toi à la Lefranc."
L e f r an c. Tais-toi, chicanier.
SCÈNE IL
LES PRÉCÉDENTS, ERANÇOIS.
Lefranc (à Tranpois qui entre parla grille).
Arrive donc, lambin. Eh bien.^
Tous (à François). Eh bien?
Erançois. Eh bien, ça n'a pas réussi.
Les autres. Pas réussi?
Erançois. Non. Il boira de l'eau.
Elle n'est pas malsaine, Teau du collège;
nous nous eu sommes rincé la bouche plus
d'une fois.
Lefra ne (^avec impatience^. Mais parle
donc ! tu dis que cela n'a pas réussi ?
Erançois. Que voulez-vous? l'élève pro-
pose et le Principal dispose.
5*