Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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Une impertinente voix, qui s'était fait
grosse pour se déguiser, répondit insolem-
ment:
Non !
Aussitôt M. Rimbert donna ordre à un
domestique d'entrer par la fenêtre. Cette
fenêtre longeait l'étude d'un côté dans toute
sa largeur, mais elle ne s'ouvrit que dans
la partie qui touchait presque au plafond,
la partie inférieure ayant été murée de façon
à éviter aux élèves les distractions du de-
hors. La tête d'un domestique parut à
une des ouvertures de la croisée ; mais
aussitôt j'allai me heurter contre cette tête
qui disparut, me renvoyant tomber dans
l'étude. Entre les mains de mon maître
indigne, j'étais devenu arme de guerre!
L'escalade par les fenêtres avait été pro-
bablement regardée comme impossible, car
on ne la tenta plus. Les élèves triom-
phaient , les insensés !
— Nous sommes victorieux! criaient-ils.
Ils osaient appeler cela une victoire. Leur '
triomphe ne dura pas longtemps : bientôt
ils entendirent d'un des côtés de l'étude
des coups sourds qui veuaient^u dehors.
Ils portèrent les yeux du côté, où s'enten-
dait ce bruit, et ils reconnurent, non sans
désappointement, que c'étaient des coups
de pioche que l'on donnait dans une an-
cienne porte qui avait été condamnée, et
dout la légère cloison ne tiendra pas long-
temps. Un plat ras qui tomba en dedans
à leurs pieds vint leur prouver que leurs,
conjectures étaient fondées.
— Barricadons cette nouvelle porte que
l'on veut faire, dirent les plus enragés.
— Cela ne se peut pas, répondirent ceux
qui avaient le plus de sang-froid, et qui
calculaient, par conséquent, plus juste; cela
ne se peut pas sans dégarnir l'autre porte
de façon à ce qu'elle ne puisse résister.
— Rendons-nous, disaient les plus raison-
nables. C'est des bêtises de se révolter.
Et tous commençaient h se sentir penauds.
Mon maître était parmi ceux qui voulaient
opposer une résistance, et dès qu'il vit l'ou-
verture se former dans la porte murée, il
me saisit vivement, et s'approchait de l'en-
droit attaqué, il me fourra dans le trou qui
se trouva tout à coup bouché par mon vo-
lume. llélas! je ne restai pas longtemps
dans cette position dangereuse; un coup
de pioche, destiné sans doute à la cloison,
me frappa en plein dans ma couverture,
et l'outil pénétra fort avant dans mes
feuilles endolories, en me repoussant dans
l'étude.
Je venais de recevoir une blessure grave,
mais la révolte venait de cesser. Les plus
turbulents, reconnaissant leur impuissance,
écoutaient enfin les avis de ceux qui vou-
laient qu'on se rendît, et laissaient ceux-ci
crier à M. Rimbert par l'ouverture com-
mencée :
— C'est inutile d'achever, monsieur, nous
allons ouvrir la porte .. . Nous nous ren-
dons !
En un instant les tables, les bancs, les
baraques et la chaire reprirent leur place;
la porte fut débarrassée a ors, et M. Rim-
bert put faire sou entrée dans l'étude. Il
avait l'air grave, et paraissait disposé à
punir sévèrement. N'était-ce pas justice?
— Ah! messieurs, fît M, Rimbert après
être monté dans la chaire, et en portant
ses regards sévères sur les élèves, qui ser-
rés les uns contre les autres^ se tenaient
)iteusement dans un coin et n'osaient lever
es yeux... Ah! mes petits séditieux... il
vous a plu de vous révolter; vous avez
trouvé charmant de vous enfermer dans
l'étude, et mettre tout sens dessus dessous,
et vous avez refusé de m'ouvrir. C'est très-
bien! .. . Tout cela vous a amusés, n'est-
ce pas? C'est encore fort bien... Mais
comme il est juste de payer ses plaisirs,
nous allons compter s'il vous plaît.
Apès cet exorde quelque peu ironique,
comme vous pouvez en juger, M. Rimbert
s'arrêta, et cherchant des yeux dans la foule
un élève qui se cachait derrière les autres:
— Monsieur Norbert! cria-t-il. . . sortez
du groupe et venez au milieu de la classe.
L'élève, tout piteux, obéit en rechignant.
— Monsieur, dit alors M. Rimbert, quand
j'ai intimé l'ordre qu'on m'ouvrît, une voi\
a répondu: »Non." Celte voix n'était pas
assez déguisée pour que je ne reconnusse
pas la vôtre.
— Moi, monsieur? essaya de dire l'élève.
— Pas un inot! répliqua M. Rimbert,
l'interrompant. . . Je vous ai vu par une
fente de la porte . .. Vous allez vous ren-
dre en prison ... en attendant mieux . . .
Puis il appela encore trois ou quatre
élèves, et les fit pareillement avancer au
milieu de l'étude.
— Messieurs, leur dit-il, vous avez donné
des ordres pour barricader la porte . . .
Vous avez dirigé tout, et excité vos cama-
rades au mal. . .
Sur uu mouvement des trois élèves pour
réclamer, il ajouta aussitôt:
— Ne me dites pas non ! je vous ai en-
tendus du dehors... Or, comme il est juste