Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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tion. L'or, le saphir, le rubis, ont été
prodigués à des insectes invisibles. ~ Les
uns marchent le front orné de panaches,
sonnent la trompette, et semblent armés
pour la guerre; d'autres portent des tur-
bans enrichis de pierreries, leurs robes sont
étincelantes d'azur et de pourpre. Ils ont
de longues lunettes, comme pour découvrir
leur ennemi, et des boucliers pour s'en
défendre. 11 en est qui exhalent le parfum
des fleurs, et sont créés pour le plaisir.
On les voit avec des ailes de gaze, des
casques d'argent, des épieux noirs comme
le fer, effleurer les ondes, voltiger dans les
prairies, s'élancer dans les airs. Ici on ex-
erce tous les arts, toutes les industries;
c'est up petit monde qui a ses tisserands,
ses maçons, ses architectes. On y reconnaît
les lois de l'équilibre, et les formes sa-
vantes de la géométrie. Je vois parmi eux
des voyageurs qui vont à la découverte,
des pilotes qui, sans voile et sans boussole,
voguent sur une goutte d'eau à la conquête
d'un nouveau monde. Quel est le sage qui
les éclaire, le savant qui les instruit, le
héros qui les guide et les asservit ? Quel
est le Lycurgue qui a dicté des lois si par-
faites? Quel est l'Orphée qui leur enseigna
les -règles de l'harmonie? Ont-ils des con-
quérants qui les égorgent, et qu'ils cou-
vrent de gloire? Se croient-ils les maîtres
de l'univers, parce qu'ils rampent sur sa
surface? Contemplons ces petits ménages,
ces royaumes, ces républiques, ces hordes
semblabes à celles des Arabes: une mite
va occuper cette pensée qui calcule la gran-
deur des astres, émouvoir ce cœur que rien
ne peut remplir, étonner cette admiration
accoutumée aux prodiges. Voici un insecte
impur qui s'enveloppe d'un tissu de soie,
et se repose sous une tente; celui-ci s'em-
pare d'une bulle d'air, s'enfonce au fond
des eaux, et se promène dans son palais
aérien. Il en est un autre qui se forme,
avec un coquillage, une grotte flottante,
qu'il couronne d'une tige de verdure. Une
araignée tend sous le feuillage des filets
d'or, de pourpre et d'azur, dont les reflets
sont semblables à ceux de l'arc-en-ciel.
Mais quelle flamme brillante se répand tout
coup au milieu de cette multitude d'a-
tomes animés? Ces richesses sont effacées
par de nouvelles richesses. Voici des in-
sectes à qui l'aurore semble avoir prodigué
ses rayons les plus doux. Ce sont des
flambeaux vivants qu'elle répand dans les
prairies ; voyez cette mouche qui luit d'une
clarté semblable à celle de la lune, elle
p^orte avec elle le phare qui doit la guider.
Tandis qu'elle s'élance dans les airs, un ver
rampe au-dessous d'elle: vous croyez qu'il
va disparaître dans J'ombre; tout à coup
il se revêt de lumière comme un habitant
du ciel; il s'avance comme le fils des astres:
tout s'illumine, et ces reflets éclatants, ces
flammes célestes qui rayonnent autour de
lui, éclairent les doux combats, les extases
et les ravissements de l'amour.
(Aimé-Martin.)
86. LA GOUTTE DE KOSEE
Petite perle cristalline,
Tremblante fille du matin,
Au bout de ta feuille de thym,
Que fais-tu là sur la colline?
Avant la fleur, avant l'oiseau.
Avant le réveil de l'aurore.
Quand la nature dort encore.
Que fais-tu là sur le coteau?
— Ce que je fais sur la colline?-
Je m'y prépare avec amour
A m'offrir, quand viendra le jour,
Pure à sa pureté divine.
Tu le sais, son rayon n'est beau
Que pour la goutte transparente.
Voilà pourquoi, persévérante,
Je suis déjà sur le coteau. —
Des hauteurs la cime se dore;
L'oiseau se réveille en son nid.
Et la fleur s'empresse d'éclore...
Mais voyez la goutte qui luit!
Du soleil toute la richesse.
Du prisme toutes les couleurs,
Sciutillant dans sa petitesse.
Font resplendir la goutte en pleurs.
— Pour que tant de magnificence
Ait en toi soudain éclaté,
Goutte, d'où te vient ta puissance?
— Ami, c'est de ma pureté.
(H. F. Amiel.)
87. L'HIVER.
Nous avons l'hiver,
Et le froid de l'air
Augmente.
Les prés sans couleur
Ont perdu leur fleur
Riante.