Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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anéantie par le nombre et la voracité des
espèces ennemies.
11 paraît donc que ce n'est que par notre
secours et par nos soins que cette espèce a
duré, dure, et pourra durer encore; il pa-
raît qu'elle ne subsisterait pas par elle-même.
La brebis est absolument sans ressource et
sans défense; le bélier n'a que de faibles
armes ; son courage n'est qu'une pétulance
inutile pour lui-même, incommode pour les
autres: les moutons sont encore plus timides
que les brebis, c'est par crainte qu'ils se
rassemblent si souvent eu troupeau; le moin-
dre bruit extraordinaire suffit pour qu'ils se
précipitent et se serrent les uns contre les
autres; et cette crainte est accompagnée de
la plus grande stupidité; car ils ne savent
pas fuir le danger, ils semblent même ne
pas sentir l'incommodité de leur situation;
ils restent oîi ils se trouvent, à la pluie, à
la neige^ ils y demeurent opiniâtrément; et
pour les obliger à clianger de lieu et à pren-
dre une route, il leur faut un chef, qu'on
instruit à marcher le premier, et dont ils
suivent tous les mouvements pas à pas: ce
chef demeurerait lui-même, avec le reste du
troupeau, sans mouvement, dans la même
place, s'il n'était chassé par le berger ou
excité par le chien commis à leur garde,
lequel sait, en effet, veiller à leur sûreté,
les défendre, les diriger, les séparer, les
rassembler, et leur communiquer les mouve-
ments qui leur manquent.
Ce sont donc, de tous les animaux qua-
drupèdes, les plus stupides; ce sont ceux
qui ont le moins xle ressource et d'instinct ;
les chèvres, qui leur ressemblent à tant d'au-
tres égards, ont beaucoup plus de sentiment;
elles savent se conduire, elles évitent les
dangers, elles se familiarisent aisément avec
les nouveaux objets, au lieu que la brebis
ne sait ni fuir ni s'approcher; quelque besoin
qu'elle ait de secours, elle ne vient point à
riiomme aussi volontiers que la chèvre; et,
ce qui dans les animaux paraît être le der-
nier degré de la timidité ou de l'insensibilité,
elle se laisse enlever son agneau sans le
défendre, sans résister, et sans marquer sa
douleur par un cri différent du bêlement
ordinaire.
Mais cet animal si chétif en lui-même, si
dépourvu de sentiment, si dénué de qualités
intérieures, est pour l'homme l'animal le
plus précieux, celui dont l'utilité est la plus
immédiate et la plus étendue; seul il peut
suffire aux besoins de première nécessite; il
fournit tout à la fois de quoi se vêtir, sans
compter ies avantages particuliers que l'on
sait tirer du suif, du lait, de la peau, et
même des boyaux, des os et du fumier de
cet animal, auquel il semble que la nature
n'ait, pour ainsi dire, rien accordé en pro-
pre, rien donné que pour le rendre à l'hom-
me..,. Le jeune agneau cherche lui-même,
dans un nombreux troupeau, trouve et saisit
la mamelle de sa mère sans jamais se mé-
prendre., L'on dit aussi que les moutons
sont sensibles aux douceurs du chant, qu'ils
paissent avec plus d'assiduité, qu'ils se por-
tent mieux, qu'ils engraissent au son du
chalumeau, que le musique a pour eux des
attraits; mais l'on dit encore plus souvent,
et avec plus de fondement, qu'elle sert au
moins à charmer l'ennui du berger, et que
c'est à ce, genre de vie oisive et solitaire que
l'on doit rapporter l'origine de cet art.
(Buffon.)
84. LE DINDON.
Moi, je me pare,
Moi, je me carre;
Moi, je suis gras et beau!
Ma plume est noire,
De rubis mon jabot.
Voyez ma tête,
Ma rouge aigrette,
Voyez, admirez tout!
L'écho s'apprête.
Il vous répète
Mon solennel glouglou.
Ma queue est-elle
Eournie et belle!
Voyez c'est un soleil.
Tout brille et tremble:
Que vous en semble?
Suis-je pas sans pareil?
Elle frissonne,
Elle rayonne,
Ma plume de velour^ !
Faites-moi place,
Et que je passe
Triomphant dans ma cour.
(Moutgolfier.)
85. LES INSECTES.
Jetons les yeux sur ce que la uatul'e a
créé de plus faible, sur ces atomes animés,
pour lesquels une fleur est un monde, et
une goutte d'eau un océan. Les plus^ bril-
lants tableaux vont vous frapper d'admira-