Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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82. LE COUCOU.
Les coucous sont devenus célèbres en-
tre tous les oiseaux par la singulière habi-
tude de ne point nicher et de porter leurs
œufs dans des nids étrangers. 11 est remar-
quable qu'ils choisissent toujours pour cela
le nid d'un oiseau qui, comme eux, se
nourrit d'insectes; ils s'assurent ainsi que
leurs petits recevront la nourriture qui leur
convient. La femelle du coucou pond ses
œufs à des intervalles assez grands, trop
grands sans doute pour qu'elle pût les cou-
ver ensemble," et c'est là peut-être tout le
secret d'une habitude aussi exceptionnelle
que celle que je viens de rappeler et qui
excite notre surprise. Cette mère, en ap-
parence si peu cligne de ce beau_titre, place
chacun de ses œufs dans un nid différent;
on voit que, si elle renonce aux soins si
doux de la maternité, elle fait au moins
preuve de prévoyance et de sollicitude, et
qu'elle ne néglige rien pour que chacun de
ses petits soit adopté sans trop de difficulté
par les oiseaux auxquels elle confie sa tâche,
et pour que chaque œuf soit associé à des
couvées de son âge. Les petits coucous
sont beaucoup plus voraces que les oiseaux
dont ils occupent le nid, et la même fe-
melle ne suffirait pas à en nourrir plus d'un.
Mais est-ce le coucou qui prend de telles
précautions et qui prévoit de si loin? Des
observations récentes nous ont appris qu'a-
près avoir pondu un œuf sur le sol, l'avoir
pris dans son bec et l'avoir transporté et
déposé dans le nid qu'il lui destine, le cou-
cou va se placer eu observation à peu de
distance de là, qu'il surveille ce qui se passe
dans le nid, et que, s'il voit que son œuf
est négligé, il le reprend pour le confier à
d'autres oiseaux.
M. Prévost a remarqué que, lorsqu'il in-
quiétait la mère adoptive que le coucou a
donnée à son œuf, celui-ci venait le repren-
dre et le porter ailleurs; et un jour, cet ob-
servateur ayant retiré un de ces œufs du
nid oïl il venait d'être placé, et l'ayant posé
à terre, le coucou, qui observait tout d'un
poste voisin; vint le reprendre, et le remit
immédiatement après en place.
Les fauvettes,'les grives, les rossignols et
les autres espèces (toutes plus faibles que
le coucou) auxquelles celui-ci confie ses
œufs, prennent de ceux-ci les mêmes soins
que des leurs. Mais ils ne savent quelle
race ils associent à leurs petits; ils ne de-
vinent pas cet instinct glouton qui ne per-
mettra bientôt plus le partage de la nour-
riture entre les fils légitimes de la maison
et le mauvais frère qu'on leur a donné.
Sans reconnaissance pour les bienfaits qu'il
reçoit chaque jour, celui-ci n'écoute d'autre
voix que celle de l'énorme estomac qui ca-
ractérise son espèce, et qui la rend si ter-
rible aux insectes, ou plutôt il obéit à une
impulsion toute machinale. Le jeune cou-
cou, peu d'heures après sa sortie de l'œuf,
ne tend qu'à se débarrasser de ceux qui
partagent ses repas. Muni, à ce moment,
d'un dos plat et même un peu déprimé, il
s'en sert pour satisfaire le singulier besoin
qui s'empare de lui. 11 se glisse sous la
jeuue couvée, et à mesure qu'il a réussi à
placer sur son dos un des petits dont il a
partagé le berceau, il gagne le bord du nid
avec sa charge, se relève et la précipite.
Chose remarquable ! cette envie de détruire
ne dure chez lui que quelques jours; et si,
au bout de ce temps, quelques-uns de ses
frères de nid ont échappé, ils n'ont plus
rien à redouter de leur compagnon. Ce
penchant est tellement impérieux que, lors-
qu'on met à côté d'un coucou de deux ou
trois jours uu oiseau trop lourd pour qu'il
puisse le soulever, il essaie avec une in-
croyable agitation d'en venir à bout.
(Hollard.)
83. LA BREBIS,
Si l'on fait attention à la faiblesse et à
la stupidité de la brebis; si l'on considère
en même temps-que cet animal sans défense
ne peut même trouver son salut dans la
fuite; qu'il a pour ennemis tous les animaux
carnassiers, qui semblent la chercher de pré-
férence et le dévorer par goût; que d'ail-
leurs cette esjjèce produit peu; que chaque
individu ne vit que peu de temps etc., on
serait tenté d'imaginer que dès les commen-
cements la brebis a été confiée à la garde
de l'homme; qu'elle a eu besoin de sa pro-
tection pour subsister, et de ses soins pour
se multiplier, puisqu'eu effet on ne trouve
point de brebis sauvages dans les déserts;
que, dans tous les lieux^ où l'homme ne
commande pas, le lion, le tigre, le loup ré-
gnent par la force et par la cruauté; que
ces animaux carnassiers vivent plus long-
temps, et multiplient tous beaucoup plus
que la brebis; et qu'enfin, si l'on abandon-
nait encore aujourd'hui dans nos campagnes
les troupeaux nombreux de cette espèce que
nous avons tant multipliée, ils seraient bien-
tôt détruits sous nos yeux, et l'espèce entière