Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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bavaroise. En réalité, sans partager ces
illusions trop brillantes, sans se dissimuler
les difficultés que devait rencontrer l'affer-
missement de la nouvelle royauté, sans oublier
combien il faut de temps et d'efforts pour
faire rentrer dans son lit le torrent révolu-
tionnaire, même lorsque les raisons les plus
légitimes l'ont déchaîné, le spectateur im-
partial pouvait regarder la situation comme
favorable. Après avoir remporté un succès
signalé dans l'assemblée nationale, à laquelle
il avait arraché, sous la pression des tribunes
remplies de gens apostés, un décret enlevant
pour dix ans les droits politiques aux mem-
bres du ministère qui avait combattu l'insur-
rection de Nauplie, le parti révolutionnaire
venait d'éprouver dans la rue, à l'anniver-
saire du 22 octobre, un éohec qui prouvait
son impuissance réelle et la répulsion qu'il
inspirait à la grande majorité de la nation
grecque. Les hommes les plus avancés avaient
en effet essayé de profiter de cet anniversaire
pour tenter un coup de main qui leur rendît
le pouvoir et leur permît de dicter la loi au
prince dès son arrivée; mais devant l'attitude
décidée du peuple et de la milice citoyenne,
rassemblée à la première alerté, ils avaient
été contraints de renoncer à leur projet, sans
en être venus même à un commencement
d'exécution.
Enfin, après plusieurs jours d'attente im-
patiente et anxieuse, le 26 octobre 1863,
au point du jour, les salves d'artillerie des
bâtimens stationnés au Pirée réveillèrent
Athènes en lui apprenant que la frégate qui
amenait le roi venait d'entrer dans le port.
A dix heures du matin, George I«' débarquait
au bruit du canon des navires français, an-
glais et grecs, et était reçu sur le quai par
les députés de la constituante ainsi que par
la population du Pirée, qui l'acclamait avec
les vivat les plus chaleureux. Une heure après,
il arrivait en falèche découverte dans sa
capitale. Le maire et le conseil municipal
d'Athènes l'attendaient à l'entrée de la ville
pour lui en remettre les clés, sous un arc
de triomphe élevé au milieu de la place de
l'Haghia-ïrias, qui occupe le site de l'an-
cienne porte Uipyle, par où l'on sortait pour
aller à 'Académie et à Eleusis. Del'Haghia
Trias jusqu'à la place de la Concorde, où
s'élevait un second arc de triomphe, et jus-
qu'à la cathédrale, la garde nationale faisait
la haie. La légion académique, composée
des étudians de l'université, était rangée
autour de l'église. Enfin ^des détachemens
de tous les corps de l'armée, vingt-cinq
hommes par bataillon, étaient échelonnés sur
le reste du parcours du cortège jusqu'au
palais. A l'entrée de la place qui précède
cet édifice, on voyait un troisième arc de
triomphe couronné par les drapeaux des
différens corps de la guerre de l'indépen-
dance. C'était une idée heureuse que de
faire saluer le jeune roi, sur le seuil de son
palais, par ces vieux étendards fanés et
presque sans couleur, déchirés par les bal-
les, mais éclatans le gloire, qui représen-
taient à l'intronisation de la nouvelle monar-
chie la génération dont les héroïques efforts
ont rendu la liberté au pays.
81. LES OISEAUX DU CIEL.
Que je voudrais comprendre.
Oiseaux, vos chants si doux.
Et toujours les entendre !
Oiseaux, que dites-vousP
Nous chantons le bocage
Et 'les monts et les fleurs.
Et notre doux ramage
Est l'écho de nos cœurs.
Dites, qui vous inspire.
Habitants des buissons?
D'où vient que tout respire
La joie en vos chansons?
Sur la branche légère
Ne vois-tu pas les nids.
Où, gardés par leur mère.
S'endorment nos petits?
En jouant sous l'ombrage.
Hélas! pauvres petits.
Les enfants du village -
Vont découvrir vos nids.
Oh! pour nous point de crainte:
Vois ce feuillage épais.
Qui peut de leur atteinte.
Préserver nos palais.
Craignez, oiseaux volages,
Encor d'autres malheurs !
La faim, et les otages.
Et le plomb des chasseurs.
Non, Dieu qui nous protège.
Nous, ses petits oiseaux,
De la faim et du piégc
Garde les passereaux.
(Malan.)