Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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annonçant l'approche de ce qu'ils appellent leurs
jolis petits agneaux, jusqu'à ce qu'ils aient reçu
une aumône, soit en argent, soit en nature.
Comme toutes les maisons donnent sur la
rue, l'étranger qui entend ce tapage ouvre
sa fenêtre ou sa porte afin de voir ce que
c'est. A son grand étonnement, il se trouve
face à face avec un tigre. Deux de ces
artistes nomades tiennent l'animal, la tête
et le cou attachés avec une forte corde,
tandis que deux autres tapent sur leurs
disques, et que les trois ou quatre derniers
de la troupe excitent l'animal pour le rendre
furieux, devant la maison ou on leur fait
^attendre leur aumône ordinaire! On suppose
bien que ces tigres, quoique ayant atteint
toute leur croissance, sont généralement mal
nourris et meurent presque de faim : autre-
ment, les sept ou huit hommes chargés de
garder une de ces bêtes, en viendraient
difficilement à bout. Us les prennent lors-
qu'elles sont encore toutes petites. Quelle
fut ma surprise lorsque pour la première
fois, en ouvrant ma fenêtre, j'eus sous le
nez un grand tigre. La fois suivante je
vis un léopard qui gémissait sous les coups
qu'il recevait. Je ne saurais dire s'il ap-
partenait à la même troupe de mendiants.
Ceux-ci exhibent aussi des panthères, et
chacun a son quadrupède favori ainsi que
son bâton. Us ne sont pas assurés contre
tout danger, et il leur arrive parfois de
graves accidents. Je ne parlerai pas des
blessures qu'ils attrapent en excitant par
trop leurs animaux, mais je peux affirmer
que l'un d'eux fut un jour tué par un tigre
mal attaché à un arbre. Cette bête s'échappa
la nuit, et profitant du sommeil de son
cornac le déchira, et le dévora à moitié avant
qu'on eût découvert l'accident. Ces coutu-
mes dangereuses devraient être abolies dans
un pays civilisé, et cependant on voit pro-
mener journellement dans la ville, des tigres,
des panthères et des léopards. Ce spectacle
peut piquer la curiosité d'un étranger, mais
on s'en lasse bien vite. Quant aux ours,
ils ne valent pas la peine qu'on en parle,
car ils sont aussi communs ici que dans les
monts Vindhias, leur pays natal."
76. CHANSON.
Si l'on savait la vie
Du pauvre charbonnier.
Plus d'un aurait envie
Peut-être du métier
Et dirait : Gai la vie
Du charbonnier !
Notre hutte est petite.
Toute de rameaux frais;
Mais celui qui l'habite
Y trouve des attraits,
Un bon lit de fougère,
Puis un cruchon de vin,
Pour rendre plus légère
La tache du matin.
Le matin, la fauvette
Nous sonne le réveil;
En nos mains la serpette
Joue aux feux du soleil.
Quand nous taillons la soupe,
C'est au chant des oiseaux
Qui descendent en troupe
Partager les morceaux.
La nuit, quand tout repose
Au fond de la forêt
A l'entour du feu rose
Qui luit sous le cotret.
On fume et puis l'on chante.
Et le sommeil vous prend.
Toujours l'âme contente
Et d'amour rêvassant.
Si notre face est noire
Notre cœur ne l'est pas;
Maint pauvre homme a mémoire
De nos humbles repas.
Par la nuit et l'orage
Que de piétons surpris
Sous nos toits de feuillage
Ont trouvé des abris!
Si l'on savait la vie
Du pauvre charbonnier,
Plus d'un aurait envie
Peut-être du métier
Et dirait: Gai la vie
Du charbonnier!
(Aug. Barbier.)
77. LA PROPRIÉTÉ.
Les économistes pensent que la Propriété
est un fait providentiel comme la Personne,
Le Code ne donne pas l'existence à l'une
plus qu'à l'autre, La propriété est une con-
séquence nécessaire de la constitution de
l'homme.
Dans la force du mot, l'homme naît pro-
priétaire, parce qu'il naît avec des besoins
dont» la satisfaction est indispensable à la
vie, avec des organes et des facultés dont
l'exercice est indispensable à la satisfaction
de ces besoins. Les facultés ne sont que