Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Vorige scan Volgende scanScanned page
— 54 --
sépare d'un nouveau point d'appui; il tente
un effort iu^ossible à réaliser, et bondit
dans le gouffre au fond duquel il arrive en
atomes, à moins que l'intelligent aiîimal,
que sa présence d'esprit n'abandonne jamais,
n'aperçoive, en tombant, un point de pro-
jection hors du rocher à pic; dans ce cas,
il se rapproche de ce but par un nouvel
effort, en se repliant sur lui-même, et cette
tentative est souvent couronnée de succès.
Si an chasseur est le seul obstacle qui s'op-
pose à sa retraite, il s'élance vers lui, rapide
comme une flèche; l'homme alors, s'il veut
éviter d'être lancé dans le vide ou seulement
renversé par le choc de l'animal, n'a d'autre
ressource que de se coucher à plat ventre ;
le chamois le franchit sans le toucher.
Les chasseurs poursuivent cet intéressant
animal jusqu'à ses derniers refuges par des
chemins d'un accès des plus vertigineux.
Malgré ses merveilleuses qualités, malgré
son incroyable rapidité-, sa timidité, sa
finesse, ils le forcent souvent et l'emportent
en triomphe au bas des vallées; mais, par-
fois aussi, ils y perdent la vie, comme il
arriva à David Zricki et à Kasper Blûmer,
les deux plus renommés chasseurs de Claris,
qui, après avoir tué plusieurs centaines de
chamois, tombèrent victimes de leur passion
insatiable pour la chasse, en dépit de leur
étonnant sangfroid et de leur science d'es-
calade, Le premier disparut sans que, pen-
dant neuf mois, on pût savoir s'il existait
encore. Enfin, sou squelette fut trouvé
gisant sur le versant d'une montagne escar-
pée, rongé par les vautours et les renards.
11 eut à souffrir cruellement, puisque, en
calculant l'espace entre un pied brisé et
l'endroit où le cadavre fut découvert on Jugea
qu'une fois^tombé, il avait dû se tramer à
une grande - distance et périr de faim et de
froid, après avoir tiré des coups de feu en
signe de détresse. Blûmer disparut dans un
précipice du Vorder-Glarnish, d'où son corps
mutilé ne fut tiré que l'été suivant.
On connaît l'histoire de ce chasseur ber-
nois qui, sur le glacier très-fréquenté du
Grindelwald, tomba aussi dans la crevasse
inaperçue d'un glacier, mais put y suivre
un ravin creusé par uu cours d'eau, et
gagner ainsi avec une incroyable difiiculté,
sans toutefois éprouver aucun mal, l'extré-
mité de la glace aboutissant à un terrain
sec. Ces bonnes fortunes sont rares, et il
est souvent arrivé que des hommes ainsi
précipités dans de larges fissures durent y
attendre des heures, des jours, des nuits
même, avant que leurs compagnons fussent
parvenus à les en retirer au moyen de leurs
cordes et de leurs bâtons. Le célèbre Mar-
cus Colani, de Pontresina, fut plus heureux
que la plupart de ses collègues. Cet homme,
si étrangement hardi, s'était emparé d'un
immense terrain sur lequel aucun, de ses
compagnons n'avait osé s'aventurer, et où
il entretenait des troupeaux entiers de cha-
mois à demi apprivoisés; il n'avait pas, à
l'âge de soixante-dix ans, tué moins de deux
mille huit Qents de ces animaux, nombre
que jamais chasseur n'avait atteint aupara-
vant, ni n'atteignit après lui. Ce digne
fils de Nemrod mourut tranquillement dans
son lit, bien que sa mort^fût l'effet de
fatigues contractées dans une de ses expé-
ditions.
Ces dangers ne sont toutefois pas les seuls
que le chasseur ait à affronter dans ses en-
treprises hasardeuses. Son ennemi le plus
redoutable est, sans contredit, le brouillard,
qui, parfois, l'enveloppe tout à coup, au
moment où il vient d'atteindre les crêtes
extrêmes, et dont la densité extraordinaire
lui interdît de rien distinguer à la distance
d'un pouce devant ou derrière lui. Affreuse
position pour un homme que d'être obligé
de chercher à tâtons son chemin sur un ter-
rain large d'un pied, au-dessus d'un abîme,
ou d'éviter une crevasse sur un immense
glacier couvert de neige ! Pour échapper à
une mort si imminente, il faut être doué
d'un imperturbable sang-froid joint à une
longue expérience. Eu thèse générale, ce-
pendant , le chasseur cherche les lieux qui
fui offrent le plus de sécurité; pour éviter
de rouler dans le précipice, il s'attache à
une roche au moyen d'une corde qu'il porte
toujours sur lui, et passe ainsi la nuit dans
le voisinage immédiat des aigles et des vau-
tours; bivouac glacial! puisque, après avoir
soupé d'un potage préparé dans sa marmite
de fer, il est souvent obligé, pour ne pas
se laisser gagner par le froid, d'aller et de
venir pendant des heures entières, et parfois
avec une grosse pierre sur les bras.
75, LES MENDIANTS INDIENS.
Dans une lettre datée d'Hydérabad nous
trouvons les détails suivants de moeurs loca-
les: »Si, comme moi, vous venez habiter
cette ville, vos oreilles seront souvent écor-
chées par le bruit que font certains men-
diants en frappant du poing sur de vieux
disques de métal. Ils promènent ainsi leur
musique, devant une maison ou une boutique.