Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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73. L'AUTOMNE.
Lorsque l'Eté s'enfuit d'un pas rapide
Dans le brouillard qui brunit l'horizon,
L'Automne alors, l'Automne au pied timide
Vient de l'oiseau terminer la chanson;
Mais sous nos toits ramenant l'espérance.
Sur nos coteaux elle répand ses dons;
Puis dans nos champs fait germer la semence
Qui doit plus tard produire les moissons.
Des laboureurs qui sillonnent la plaine
Je vois, là-bas, les grands boeufs haletants.
Marchant toujours, et creusant avec peine
Ces longs sillons en trésors abondants.
Hommes et boeufs, sur la terre durcie.
Donnent l'éveil à la fécondité.
Us vont toujours, car l'Automne leur crie:
Travail, espoir, et puis prospérité!
Sur ce coteau quelle fête animée
Vient tout à coup réjouir mes regards!
De vendangeurs une troupe égayée
Danse et folâtre en vingt groupes épars.
Tous, pour fêter le clairet qui bouillonne.
Se sont parés de leurs plus beaux atours.
Buvez, chantez! leur a crié l'Automne,
Car du beau temps voici le dernier jour.
Mais elle fait dans la brume rougie.
Qui tous les soirs couronne nos hauteurs.
Et de sa main, naguère si remplie.
On voit encor s'échapper quelques fleurs.
Elle nous fuit, mais ses lèvres vermeilles
En souriant semblent nous dire encor:
Bons vins, doux fruits, charment les grandes
veilles.
Chantez, enfants; mieux vaut la joie que l'or.
^G. Treppoz.)
74. LES CHASSEURS DE CHAMOIS.
Le chamois, cette antilope des Alpes, est
une des apparitions les pVs gracieuses du
paysage helvétique ; mais ce n'est plus guère
qu'une a))parition très-incertaine et très-fu-
gitive pour le simple touriste, qui est fort
désappointé quand on lui apprend qu'il lui
faudra peut-être gravir des rochers à pic et
attendre patiemment des heures entières,
assis au bord d'un abîme sans fond, avant
d'apercevoir ces charmants animaux brouter
un étroit ruban d'herbes vertes, pendant que
leur sentinelle avancée veille au salut de
tous, prête à signaler le danger par un cri
aigu assez semblable au sifflet des voleurs.
A ce son redouté, tous s'évanouissent comme
des spectres, à moins que la difficulté des
lieux ou quelque autre cause insurmontable
ne les oblige à se lancer dans les champs
de glace, car l'homme a si inexorablement
poursuivi les chamois, qui jusqu'au com-
mencement de ce siècle animaient encore les
crêtes revêtues de quelque végétation, qu'au-
jourd'hui réfugiés dans les solitudes les plus
sauvages, voisines des neiges éternelles, ils
ne les quittent que l'hiver pour venir cher-
cher un refuge contre l'inclémence de l'air
dans les forêts abritées par les montagnês.
Aux pâles rayons d'une lune sans nuages,
ou bien aux premières lueurs du jour, les
chamois descendent des hauteurs pour cher-
cher une nourriture plus fortifiante. Us
choisissent toujours un lieu entouré de ro-
chers. De neuf à onze heures, ils se per-
mettent une sieste réparatrice; mais, à midi,
ils remontent invariablement, jusque vers
quatre heures, à peu de distance des gla-
ciers. Ces animaux, toujours' si vifs, re-
doublent d'activité en automne et au com-
mencement de l'hiver; on les voit alors se
jouer gaiement près des profondeurs les plus
affreuses, se renverser mutuellement, et se
livrer à des combats simulés là où la fière
et grimpante chèvre des Alpes, presque leur
congénère, n'oserait s'aventurer. Sur quel-
ques brins d'herbe couronnant les pics les
plus inaccessibles, ou sur des bords a peine
larges d'uu pied qui surplombent les préci-
pices, l'antilope des montagnes se meut avec
une grâce, une aisance, une élasticité, qui
tiennent du prodige. Vif, d'une structure
élégante, doué d'un regard doux et perçant,
de couleur fauve en été, presque noire en
hiver, le front orné de cornes polies, bril-
lantes et recourbées, le chamois est un des
chefs-d'œuvre de la création; ses muscles, à
mesure qu'il grossit, deviennent à la fois
souples et résistants, comme des ressorts
d'acier; rivalisant de vitesse avec le vent,
il bondit au delà du vide et des glaces. On
mesura un jour, sur le mont Rosa, un ravin
franchi par un chamois, et ou lui trouva
vingt-quatre pieds de largeur.
L'odorat du chamois est aussi richement
organisé que ses muscles et ses nerfs; il
reconnaît au flair le chasseur posté à d'énor-
mes distances, et paraît alors beaucoup plus
inquiet, beaucoup plus agité que- s'il le
voyait réellement. Si dans sa fuite il s'é-
lance contre un rocher et se trouve dan^
l'impossibilité, soit d'avancer faute de pou-
voir percer une masse compacte, soit de
reculer sans tomber dans l'abîme, sou indé-
cision dure peu ; il mesure avec autant de
rapidité que de précision la distance qui le