Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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Son labeur éternel? Tout tombe de ses mains.
C'est lui qui fait rouler l'un sur l'autre les
mondes,
Qui fait briller les cieux, qui fait couler les
ondes,
Qui désaltèrent les humains!
0 malheureux enfant prodigue,
Fuis l'abîme et rentre au bercail;
A tes vices, comme une digue,
Impose la loi du travail!
(L. Goudall.)
70, UN NOUVEAU ROBINSON.
En 1860, une expédition partit du sud
de l'Australie avec le dessein .de pénétrer
dans l'intérieur du continent, à la recherche
des célèbres voyageurs australiens Burke et
Wills. Le. compte rendu de cette expédi-
tion a été publié par M. William West-
garth, dans un vo ume intitulé: Voyage
de Mac-Kinley et autres à travers l'Australie.
Un chapitre de ce livre contient l'étrange
et très-intéressante relatioa des aventures
d'un certain James Morrill qui, six mois
après le passage de l'expédition de Mac-
lUnley chez MM. Harvey et Somers, sur la
rivière Bowen, se présenta tout à coup devant
deux bergers, aux confins de la propriété de
ces messieurs. L'histoire entière de la co-
lonisation de la Nouvelle-Hollande n'offre pas
une page plus saisissante. Nous allons tâcher
de la reproduire.
...Bien qu'à peu près nu et d'une couleur
jaune rouge, il était évident que Morrill
n'était pas originaire du pays. Les bergers
s'étant précipités sur leurs armes, dans l'ap-
préhension d'un danger possible, il leur cria
dans une langue qui ressemblait à de l'an-
glais, qu'il était leur compatriote. Le pre-
mier moment de surprise passé, il leur
expliqua qu'il y avait dix-sept ans qu'il vi-
vait chez les indigènes du voisinage; qu'il
était le dernier survivant de Féquipage et
des passagers d'un navire naufragé en 1840
sur un récif de la côte. Il avait erré dans
le pays autour du mont Elliott (une mon-
tagne de 4000 pieds de hauteur), à l'cm-
bouchure de la rivière Burdekin.
James Morrill était né près de Maldon,
dans le comté d'Essex, en Angleterre, et
faisait partie de l'équipage du navire nau-
fragé le Féruvien. Ramené au port de Deni-
son, ses récits furent l'objet de l'intérêt
public; une souscription à son profit servit
d'abord à lui procurer des vêtements, puis
à lui donner les objets les plus essentiels à
la vie. Ses aventures peuvent se résumer
ainsi :
Le capitaine du Péruvien venait d'être
prévenu de la présence de brisants, symp-
tômes de l'existence de dangereux récifs de
coraux dans ces parages. Malgré les dis-
positions prises aussitôt, le navire fut en-
traîné dans les remous et bientôt le sinistre
arriva. C'était pendant la nuit ; une tempête
épouvantable régnait dans le moment; une
lame avait emporté les deux embarcations
du bord, et avec elles le second et le lieu-
tenant. Jetés sur les rochers, les gens du
navire reconnurent bien vite qu'il n'y avait
de salut pour eux que dans la prompte con-
struction d'un radeau. On se mit à l'œuvre;
le radeau terminé fut mis à flot et chargé
des vivres les plus indispensables: une lame
le jeta si violemment contre les parois ex-
térieures du navire qu'il se brisa en deux,
divisant de la sorte-! 4 hommes de l'équipage
et 7 passagers qui déjà avaient pu y prendre
place. Des efforts surhumains parvinrent à
rapprocher les morceaux, et la lame les avait
poussés déjà bien loin du navire lorsque les
naufragés purent se croire tous en sûreté sur
ces déb ris rajustés et mal joints. Pendant
quarante-deux jours ces malheureuses créatu-
res furent ballottées par les fiols ; tantôt l'un,
tantôt l'autre étaient arrachés de dessus ce
frêle esquif et lancés dans l'éternité. Enfin,
après-cette longue agonie, le radeau vint
échouer sur la côte nord du cap Cleveland.
Les survivants ne sauvèrent leur vie qu'en
mangeant la chair de trois requins péchés
au milieu de la bande qui suivait avec obsti-
nation le radeau, alléchée par les cadavres
que la mer et l'épuisement en arrachaient de
temps à autre.
Une fois à terre, les coquillages de la
plage les nourrirent pendant une quinzaine
de jours: mais, découverts par les naturels
du pays, une autre existence allait s'ouvrir
pour eux. Des vingt et une personnes qui
avaient confié leurs jours au radeau, quatre
survivaient: le capitaine, sa femme, Morrill
et un enfaut. L'examen que la curiosité
des naturels leur fit subir fut douloureux
pour eux. De la tête aux pieds leur corps
était un objet d'étonnement. Cependant,
après bien des hésitations et des pourparlers,
ces Indiens finirént par les emmener dans
leur tribu, qui n'était pas fort éloignée du
lieu oil ils avaient abordé.
Là l'examen recommença, et la couleur
blanche de leur peau semblait produire un
étonnement auquel la frayeur n'était pas
étrangère, Plus d'un sauvage prit la fuite