Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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le suit; tous deux jettent des morceaux de
papier argenté et frappent des cymbales. Au
moment oîi le cercueil est déposé, au bruit
des cymbales qui redouble, vient se mêler
la détonation des pétards et des boîtes d'ar-
tifice.
Après la cérémonie funèbre, tous les pa-
rents et amis du défunt se réunissent à la
même table pour rendre hommage à la mé-
moire de l'ami qui n'est plus. Pendant
quelques heures, Chinois et Chinoises man-
gent et boivent avec tout l'appétit dont ils
sont susceptibles, et à la tristesse du pre-
mier service succède bientôt la gaieté qui
se manifeste généralement à la fin des repas.
Les bonzes ont fait leur office, les bâtonnets
ont fumé sur les autels, la famille a accompli
toutes les exigences du rite, les regrets ont
été exprimés selon le cœur et l'usage, le
mauvais génie a été éloigné.... les mânes
doivent être tranquilles! Alors, pourquoi
ne pas témoigner le contentement du devoir
accompli? C'est ainsi que pensent tous les
habitants du Céleste-Empire.
A propos d'un mariage chinois, je vous
ai dit quelques mots sur la chambre des
ancêtres où la cérémonie religieuse a lieu.
Cette salle des ancêtres joue un grand rôle
dans la vie des Chinois; c'est dans cette
salle, sur l'autel où figurent les tablettes
généalogiques, que les grands-parents pré-
entent leurs enfants dès leur naissance pour
nvoquer les mânes des ancêtres et se les
endre favorables; c'est devant cet autel que
es jeunes époux brisent la coupe de vin" dans
aquelle ils viennent de tremper leurs lèvres ;
l'est devant cet autel enfin que les corps
ont déposés avant d'être portés au champ
unéraire.
Si les pagodes ne sont fréquentées que par
es gens riches qui, poussés par l'ostenta-
ion, vont de temps en temps porter des
IFrandes sur les autels et faire entendre sous
!s voûtes du temple les sons discordanfs
'un concert spirituel, je dois dire que la
hambre des ancêtres est l'objet d'un culte
énéral dans toutes les classes de la société,
is gens riches y entretiennent constamment
es baguettes parfumées en guise de bougies,
les tablettes, ici véritablement les dieux
-res du peuple chinois, sont confiées aux
rtistes les plus distingués, qui gravent avec
)ut le soin possible les noms du défunt, la
i\te de sa naissance, de son mariage et de
i mort, les diverses fonctions qu'il a rem-
'ies, etc.
Pendant de longues années, certaines fa-
illes conservaient dans leur demeure les
cercueils des défunts, qui restaient exposés
soit devant leur maison, soit dans la saUe
des ancêtres; mais dep\iis peu, cet usage
a été proscrit par les lois, qui prescrivent
de porter, après trois jours de date, les
cadavres dans les endroits désignés pour la
sépulture. Mais dans toutes les provinces
de Chine, le terrain est tellement disputé
par les vivants, que de nombreuses infrac-
tions à la loi ont lieu presque journellement.
C'est ainsi que les familles pauvres, pour
éviter des frais de sépulture, jettent les
cadavres de leurs enfants dans des puits
perdus, véritables charniers humains. Cette
habitude barbare a donné lieu à cette cro-
yance répandue en Europe, que les Chinois
tuaient impitoyablement leurs enfants.
Autour des villes, s'étendent des villages
dont la population de quelques-uns dépasse
un million; les rues sont sombres et étroites,
l'air n'y peut circuler; et dans ces cahutes ,
que le froid envahit en hiver, que le soleil
grille pendant plusieurs mois de l'année,
vivent des famil es nombreuses, entassées les
unes sur les autres,, décimées par la fièvre
et les maladies. Qu'uu édit impérial auto-
rise l'émigration, et l'on verra aussitôt des
millions d'individus, qui ne peuvent que
végéter misérablement en Chine, s'expatrier
au loin et demander aux puissances étran-
gères ce que leur mère patrie ne peut leur
donner.
69. VIVE LE TRAVAIL.
0 malheureux enfant prodigue,
Euis l'abîme et rentre au bercail;
A tes vices, comme une digue.
Impose la loi du travail!
Redeviens chaste et pur, vaillant comme
ton père.
Ce digne laboureur, par qui l'enclos prospère.
Que des travaux sans fin n'ont jamais abattu.
Et qui ne songe, cœur où l'honnêteté brille.
Qu'à léguer en mourant à sa jeune famille
Un patrimoine de vertu !
Travaille! autour de nous tout se meut et
palpite;
Le torrent qui mugit,et qui se précipite.
Le chêne altier, l'étoile aux ardentes lueurs.
Travaille 1 c'est la loi souveraine et féconde,
Et le bon Dieu plaça, dès le berceau du monde,
Notre pardon dans nos sueurs!
Lui-même, le Seigneur, le roi de la nature,
N'accomplit-il pas, tout comme la créature.