Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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à côté de lui. La voiture n'allait pas comme
le char d'un petit-maître. Le voyageur eut
tout le temps de contempler le Marquis im-
mobile , abîmé dans sa douleur. Eh mon
Dieu ! s'écria-t-il, je crois que c'est là
Jeannot. A ce nom le Marquis lève les
yeux, la voiture s'arrête; c'est Jeannot lui-
même , c'est Jeannot. Le petit homme re-
bondi ne fait qu'un saut et court embrasser
son ancien camarade. Jeannoi> reconnut
Colin ; la honte et les pleurs couvrirent son
visage. Tu m'as abandonné, dit Colin , mais
tu as beau être grand Seigneur, je t'aime-
rai toujours. Jeannot confus et attendri
lui conta en sanglotant une partie de^ son
histoire. Viens dans l'hôtellerie, où je loge,
me conter le reste, lui dit Colin, embrasse
ma petite femme , et allons diner ensemble.
Us vont tous trois à pied suivis du bagage.
Qu'est-ce donc que tout cet attirail? vous
appartient-il ? — Oui, fout est à moi et à ma
femme. Nous arrivons du pays; je suis à
la tête d'une bonne manufacture de fer
étamé et de cuivre. J'ai épousé la fille
d'un riche négociant en ustensiles nécessaires
aux grands et aux petits; nous ti^vaillons^
beaucoup ; Dieu nous bénit ; nous n'avons
point changé d'état, nous sommes heureux,
nous aiderons notre ami Jeannot. Ne sois
plus Marquis; toutes les grandeurs de^e
monde ne valent pas un bon ami. Tu re-
viendras avec moi au pays , je t'apprendrai
le métier , il n'est pas bien difficile, je te
mettrai de part , et nous vivrons gaiement
dans le '*coin de terre -où nous sommes nés.
Jeannot éperdu se sentait partagé entre
la douleur et la joie, la tendresse et la
honte; et il se disait tout bas: tous mes
amis du bel air m'ont trahi, et Colin que
ai méprisé vient seul à mon secours.
"Quelle insiruclion! la bonté d'âme de Colin
développa dans le cœur de Jeannot le germe
du bon naturel, que le monde n'avait pas
encore étouffé, il sentit qu'il ne pouvait
abandonner son père et sa mère. Nous
aurons soin de ta mère, dit Colin, et quant
\ ton bon homme de père qui est en prison,
'entends un peu les affaires: ses créanciers,
voyant qu'il n'a plus rien, s'accommoderont
)0ur peu de chose, je me charge de tout.
3oIin fit tant qu'il tira le père de prison.
Jeannot retourna dans sa patrie avec ses
parents , qui reprirent leur première profes-
sion. 11 épousa une sœur de Colin: laquelle
étant de même humeur que le frère, le ren-
dit très heureux. Et Jeannot le père, et
Jeannette la mère, et Jeannot le fils virent que
e bonheur n'est pas dans la vanité, (Voltaire.)
63. MAXIMES.
Les meilleurs médecins pour les enfants
sont la tempérance, la propreté et l'exercice,
sources de santé et de bien-être.
Respectez la vieillesse ; n'insultez jamais
aux cheveux blancs.
Obéissez à vos parents et chérissez-les,
c'est un commandement de Dieu.
11 se faut entr'aider, c'est la commune loi;
On a souvent besoin d'un plus petit que soi.
Aucun bien n'est égal à la tendre amitié;
Un homme sans amis n'existe qu'à moitié.
Du poids de nos chagrins un ami nous soulage ;
Il le rend plus léger dès-lors qu'il le partage, ■
Si vous faites du mal, chacun vous en fera:
Si vous faites du bien, chacun vous le rendra.
Lorsque dans nos malheurs, un ami nous
console, ^
La peine diminue et le chagrin s'envole.
Chacun a ses défauts , on ne trouve personne
Qui n'ait en quelque point besoin qu'on lui
pardonne.
Le menteur s'avilit, en perdant notre estime :
Tout mensonge est un tort, et s'il nuit,
c'est un crime.
C'est une grande folie de vouloir être sage
tout seul.
Le vrai honnête homme est celui qui ne
se pique de rien.
11 y a des héros en mal comme en bien.
On ne loue d'ordinaire que pour être loué. -
Le vrai moyen d'être trompé, c'est de se
croire plus fin que les autres.
On ue donne rien si libéralement que ses
conseils,
11 est plus honteux de se défier de ses
amis que d'en être trompé.
On n'est jamais si heureux ni si malheu-
reux qu'on se l'imagine,
L'amour-propre est le plus grand de tous
les flatteurs.
On pardonne tant que l'on aime.
64, PROVERBES.
Ne remets pas à demain ce que tu peux
faire aujourd'hui.
11 n'y a que le premier pas qui coûte.
11 faut battre Je fer pendant qu'il est
chaud.