Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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voici guéri aujourd'hui, et prêt à retourner
au village, où je te précéderai sans doute.
Tu vois, mon cher ami, que la meilleure
route pour rentrer promptement dans ses
foyers, et pour y rentrer avec honneur, n'est
pas celle que tu as prise. Allons, puisque
tu es si dégoûté du métier, reviens-nous le
plus tôt que tu pourras; tu trouveras toujours
un bon ami da^js le sergent
nicolas.
Mon cher ami,
Ta dernière lettre m'a fait rougir de ma
faiblesse; j'ai honte, en te voyantî^si beau
et si brave, de me trouver, moi que tu veux
bien appeler ton ami, si abattu et si lâche.
Je viens de recevoir un congé de six mois,
et j'ai refusé aujourd'hui ce qui me semblait
hier encore le comble du bonheur. Que dirait-
on de moi, si l'on me voyait revenir ainsi?
Oserais-je jamais me promener à côté de toi,
pour te voir saluer, respecter, tandis'que
moi, ton ami, les enfants même me mon-
treraient du doigt? Non, mon cher Nicolas;
je reviendrai au village, mais j'y reviendrai
digne de mon ami. Le régiment va partir
pour Toulon, où il s'embarquera sans doute;
comme toi, je te dirai: Dans six mois des
nouvelles, ou je serai mort.
Ton ami, ^
françois.
58. ANECDOTES.
com:\[ent on devient riche.
Tout le monde connaît l'histoire de l'épingle
que M. Jacques Lafitte avait ramassée chez
M. Perregaux.
L'histoire de la fortune des Rothschild
n'est pas moins curieuse.
Rothschild, premier du nom, était un
colporteuï à Francfort-sur-le-Main, un sim-
ple porle-balle. Un/jour, il jeta trois florins
an fond d'un bas de -laine.^
»11 faut que cela se remplisse," dit-il.
11 fut actif, éc'81ï>me, rusé, intelligent,
pressant: le bas s^ remplit. Comme il ne
suffisait plus à contenir les florins, il dut
ïMourir à une sacoche.
ail faut que cette sacoche se remplisse,"
éit-rii. Même jeu que pouD le bas. 11 se
levait au chant du coq, il était sans cesse
sur pied,,.il achetait, il vendait, il gagnait
sur tout; sa saccoche fut bientôt trop petite.
Il jDrit un coffre.
Î^nll faiît^que ce coffre se remplisse," dit-il.
ie,c^'e; plein, l'or et Pargent se changèrent
erf^.'uâjHer; il devint banquier du grand-duc
de' Hesse. Voyez combien les trois florins
du bas de laine ont fructifié. Aujourd'hui,
la dynastie des Rothschild possède 800 mil-
lions.
Au fort d'une mêlée, Napoléon, voyant
ses ailes menacées par la cavalerie ennemie,
se portant au galop pour ordonner des ma-
nœuvres, était salué à chaque instant par
des cris de Vive VEmpereur! La garde im-
périale à pied voyait, avec un dépit qu'elle ne
pouvait dissimuler, tout le monde aux mains
et elle seule dans l'inaction. Plusieurs voix
firent entendre les mots en avant !
»Qu'est-ce? dit l'Empereur, ce ne peut
être qu'un jeune homme sans barbe, qui
veut préjuger ce que je dois faire; qu'il
attende d'avoir commandé dans vingt batailles
rangées avant de prétendre me donner des
avis." — C'étaient effectivement des vélites
dont le jeune courage était impatient de se
signaler.
A la fin d'une bataille sanglante, Frédéric
demandait à ses officiers qui, à leur gré,
s'était montré le plus brave dans cette jour-
née? »Votre Majesté, Sire," répondit-on
généralement» |— nVous vous trompez,"
répliqua le roi, » c'est un fifre auprès duquel
j'ai bien passé vMt fois pendant ie combat,
et qui, depuis première charge jusqu'à
la dernière, n'a cessé de souffler dans son
turlutut^."
59. MON HANNETON.
C'était le temps des hannetons. Ils m'a-
vaient bien diverti autrefois, mais je com-
mençais à n'y prendre plus déplaisir. Comme
on vieillit!
Toutefois, pendant que, seul dans ma
chambre, j'y faisais mes devoirs avec un
mortel ennui, je ne dédaignais pas la com-
pagnie de quelqu'un de ces animaux. A la
vérité, il ne s'agissait plus de l'attacher à
un fil pour le faire voler, plus de l'atteler
à un petit chariot : j'étais déjà »Oj^vancé *
en âge pour m'abandonner à ces puériles