Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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^ 34 —
Suspendu devant elle, et par le temps noirci.
»C'est lui, je le savais, le Dieu des pauvres
mères
Et des petits enfants, qui du mien a pris soin;
Lui, qui me consolait, quand mes plaintes
amères
Appelaient mon fils de si loin.
C'est le Christ du foyer que les meres im-
plorent,
Qui sauve nos enfants du froid et de la faim.
Nous gardons nos agneaux, et les loups les
dévorent ;
Nos fils s'en vont tout seuls, et reviennent
enfin.
Toi, mon fils, maintenant me seras-tu fidèle?
Ta pauvre mère infirme a besoin de secours;
Elle mourrait sans toi." L'enfant, à ce
discours,
Grave et joignant les mains, tombe à ge-
noux près d'elle,
Disant: »Que le bon Dieu vous fasse de
longs jours!"
(A, Guiraud.)
52. LA PESTE DE ELORENCE.
En 1348, la peste infecta toute l'Italie,
à la réserve de Milan et de quelques can-
tons au pied des Alpes, où elle fut^ à peine
sentie. La même année, elle franchit les
montagnes, et s'étendit en Provençe, en
Savoie , en Dauphiné , en Bourgogne , et,
par Aigues-Mortes, pénétra en Catalogne.
L'année suivante, elle comprit tout le reste
de l'Occident, jusqu'aux rives de la mer
Atlantique, la Barbarie, l'Espagne, l'Angle-
terre et la Erance. Le Bratant seul parut
épargné, et ressentit à peine la contagion.
En 1350, elle s'avança vers le Nord, et en-
vahit les Prisons, les Allemands, les Hon-
grois, les Danois et les Suédois. Ce fut
alors^ et par cette calamité, que la répu-
blique d'Islande fut détruite. La mortalité
fut si grande dans cette île glacée, que les
habitants épars cessèrent de former un corps
de nation.
Les symptômes ne furent pas partout les
mêmes. En Orientr, un saignement de nez
annonçait l'invasion de la maladie; en même
temps, il était le présage assuré de la
mort. A Florence, on voyait d'abord se
manifester, sous les aisselles, un gonflement
qui surpassait même la grosseur d'un œuf.
Plus tard, ce gonflement, qu'on uomma ga-
vocciolo, parut indifféremment à toutes les
parties du corps. Plus tard encore, les
s ap
qu'L
symptômes changèrent, et la contagion s'an-
nonça le plus souvent par des taches noires
ou livides, qui, larges et rares cJiez les
uns, petites et fréquentes chez les autres,
se montraient d'abord sur les bras ou sur
les cuisses, puis sur le reste du corps, et
qui, comme le gavocciolo , étaient l indice
d'une mort prochaine. Le mal bravait
toutes les ressources de l'art: la plupart
des malades mouraient le troisième jour et
presque toujours sans fièvre, ou sans aucun
accident nouveau.
Bientôt tous les lieux infectés furent
frappés d'une terreur extrême, quand on
vint à remarquer avec quelle inexprimable
rapidité la contagion se propageait. Non
seulement converser avec les malades ou
[)rocher d'eux, mais toucher aux choses
s avaient touchées, ou qui leur avaient
appartenu, communiquait immédiatement la
maladie. Des hommes tombèrent morts en
touchant à des habits qu'ils avaient trouvés
dans les rues. On ne rougit plus alors de
laisser voir sa lâcheté et son égoïsme. Les
citoyens s'évitaient l'un l'autre, les voisins
négligeaient Jeurs voisins, et les parents
même, s'ils se visitaient quelquefois, s'ar-
rêtaient à une distance qui trahissait leur
effroi. Bientôt on vit le frère abandonner
son frère, l'oncle son neveu, l'épouse son
mari, et même quelques pères et mères
s'éloigner de leurs enfants. Aussi ne resta-
t-il d'autres ressources à la multitude in-
nombrable des malades que le dévouement
héroïque d'un petit nombre d'amis, ou Tava-
rice des domestiques qui, par un immense
salaire, se décidaient à braver le danger.
Encore ces derniers étaient-ils, pour la
plupart, des campagnards grossiers et peu
accoutumés à soigner les malades; tous
leurs, soins se bornaient d'ordinaire à exé-
cuter quelques ordres des pestiférés, et à
porter à leur famille la nouvelle de leur
mort.
Cet isolement et la terreur qui avait saisi
tous les esprits, firent tomber en désuétude
la sévérité des mœurs antiques et les usages
pieux par lesquels les vivants prouvent aux
morts leur affection et leurs regrets. Non
seulement les malades mouraient sans être
entourés, suivant l'ancienne coutume de
Florence, chacun de ses parents, de ses
voisins, et des femmes qui ui appartenaient
de plus près : plusieurs n'avaient pas même
un assistant dans les derniers moments de
leur existence. On était persuadé que la
tristesse préparait à la maladie; on croyait
avoir éprouvé que la joie et les plaisirs