Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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Faites-moi gagner moù salaire.
Où me faut-il courir? dites, j'y volerai.
Ma voix tremble de froid; eh bien, je chan-
terai
Si mes chansons peuvent vous plaire.
11 ne m'écoute pas, il fuit;
11 court dans une fête (et j'en entends le
bruit)
Finir son heureuse journée;
Et moi, je vais chercher, pour y passer la
nuit,
Cette guérite abandonnée.
Au foyer paternel quand pourrai-je m'asseoir?
Rendez-moi ma pauvre chaumière,
Le laitage durci qu'on partageait le soir.
Et, quand la nuit tombait, l'heure de la
prière,
Qui ne s'achevait-pas sans laisser quelque
espoir.
; Ma mère, tu m'as dit, quand j'ai fui ta de-
meure:
Pars, grandis et prospère et reviens près
de moi... ,
Hélas ! et tout petit faudra-t-i^que je meure
Sans avoir rien gagné pour toi ?
Non, l'on ne meurt pas à mon âge;
Quelque chose me dit de reprendre courage...
Eh! que sert d'espérer?.., que puis-je at-
tendre enfin ?
J'avais une marmotte, elle est morte de
faim.
Et, faible, sur la terre il reposait sa tête;
Et la neige, en tombant, le couvrait à demi;
Lorsqu'une douce voix, à travers la tempête.
Vint réveiller l'enfant par le froid endormi.
»Qu'il vienne à nous celui qui pleure!"
Disait la voix mêlée au murmure des vents;
»L'heure du péril est notre heure;
Les orphelins sont nos enfants."
Et deux femmes en deuil recueillaient sa
misère.
Lui, docile et confus, se levait à leur voix ;
Il s'étonnait d'abord; mais il vit à leurs doigts
Briller la croix d'argent au bout du long
rosaire,
St l'enfant les suivit en se signant deux fois.
m.
le betour.
AlVCC leurs grands sommets, leurs glaces
éternelles,
?ar un soleil d'été que les Alpes sont belles!
Tout, dans leurs frais vallons, sert à nous
enchanter,
La verdure, les eaux, les bois, les fleurs
nouvelles.
Ileureux qui sur ces bords peut longtemps
s'arrêter!
Heureux qui les revoit s'il a pu les quitter!
Quel est ce voyageur que l'été leur envoie,
Seul, loin dans la vallée, un bâton à la
main?
C'est un enfant, il marche, il suit le long
chemin
Qui va de France à la Savoie.
Bientôt de la colline il prend l'étroit sentier:
11 a mis, ce matin, la bure du dimanche.
Et dans son sac de toile blanche
Est un pain de froment qu'il garde tout entier.
Pourquoi tant se hâter à sa course dernière?
C'est que le pauvre enfant veut gravir le coteau,
Et ne point s'arrêter qu'il n'ait vu son hameau,
Et n'ait reconnu sa chaumière.
Les voiîà l... tels encor qu'il les a vus toujours.
Ces grands bois, ce ruisseau qui fuit sous
le feuillage;
11 ne se souvient plus qu'il a marché dix jours;
11 est si près de son village!
Tout joyeux il ari-ive, il regarde... Maisqucîi!
Personne ne l'attend I sa chaumière est fermée !
Pourtant du toit aigu sort un peu de fumée,
Et l'enfant plein de trouble: »Ouvrez, dit-
il, c'est moi."
La porte cède, il entre, et sa mère attendrie.
Sa mère, qu'un long mal près du foyer
retient,
Se relève à moitié, tend les bras, et s'écrie :
N'est-ce pas mon fils qui revient?"
Son fils est dans ses bras qui pleure et qui
l'appelle:'
»Je'suis infirme, hélas I Dieu m'afflige, dit-èlle.
Et depuis quelques jours je te l'ai fait savoir.
Car je ne voulais pas mourir sans-te revoir."
Mais lui: »De votre enfanf vous étiez
éloignée.
Le voilà qui revient; ayez des jours contents;
Vivez, je suis grandi, vous serez bien soignée;
Nous sommes riches pour longtemps,"
Et les mains de l'enfant, des siennes détachées.
Jetaient sur ses genoux tout ce qu'il possédait:
Les trois pièces d'argent dans sa veste cachées.
Et le pain de froment que pour elle il gardait.
Sa mère l'embrassait et respirait à peine;
Et son œil se fixait, de larmes obscurci,
Sur un grand crucifix de chêne,
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