Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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cesse, je porte toujours ta lettre sur moi.
Je n'aurais qu'à l'ouvrir, s'il me prenait
envie de mal faire; je repousserais aussitôt
toute mauvaise pensée. Ne crains pas non
plus que je cesse de t'aimer; il faudrait pour
cela cesser de vivre.
Ton fils bien affectionné,
Joseph.
57. LE PETIT SAVOYARD.
1.
le départ.
Pauvre petit, pars pour la Erance.
Que te sert, mon amour? je ne possède rien.
Ou vit heureux ailleurs; ici, dans la souf-
france.
Pars, mon enfant; c'est pour ton bien.
Tant que mon lait put te sufiBre,
Tant qu'un travail utile à mes bras fut permis,
Heureuse et délassée en te voyant sourire.
Jamais on n'eût osé me dire :
»Renonce aux baisers de ton fils."
Mais je suis veuve ; on perd la force avec
la Joie.
Triste et malade, où recourir ici?
Où mendier pour toi? chez des pauvres aussi?
Laisse ta pauvre mère, enfant de la Savoie;
Va, mon enfant, où Dieu t'envoie.
Mais , si loin que tu sois-, pense au foyer
absent ;
Avant de le quitter, viens; qu'il nous réunisse.
Une mère bénit son fils en l'embrassant;
Mon fils, qu'un baiser te bénisse.
Vois-tu ce grand chône là-bas?
Je pourrai jusque là t'accompagner, j'espère.
Quatre ans déjà passés, j'y conduisis ton père ;
Mais lui, mon fils, ne revint pas.
Encor, s'il était là pour guider ton enfance,
11 m'en coûterait moins de t'éloigner de moi ;
Mais tu n'as pas dix ans, et tu pars sans
défense....
Que je vais prier Dieu pour toi!....
Que feras-tu, mon fils, si Dieu ne te
seconde?
Seul parmi les méchants (car il en est au
monde).
Sans ta mère, du moins, pour Rapprendre
à souffrir..,.
Oh! que n'ai-je du pain, mou fils, pour te
nourrir 1
Mais Dieu le veut ainsi: nous devons nous
soumettre....
Ne pleure pas, mon fils, en me quittant;
Porte au seuil des palais un visage content.
Parfois mon souvenir t'affligera peut-être,..
Pour distraire le riche il faut chanter pour-
tant.
Chante, tant que la vie est pour toi moins
amère!
Enfant, prends ta marmotte et ton léger
trousseau;
Répète en cheminant les chansons de ta
mère, [ceau.
Quand ta mère chantait autour de ton ber-
Si ma force première encor m'était donnée,
J'irais te conduisant moi-même par la main.
Mais je n'atteindrais pas la troisième journée;
[1 faudrait me laisser bientôt sur ton chemin.
Et moi je veux mourir aux lieux où je suis
née.
Maintenant de ta mère entends le dernier
vœu ; [donne,
Souviens-toi, si tu veux que Dieu ne t'aban-
Que le seul bien du pauvre est le peu qu'on
lui donne.
Prie, et demande au riche; il donne au nom
de Dieu,
Ton père le disait. Sois plus heureux. Adieu!
Mais le soleil tombait des montagnes pro-
chaines ;
Et la mère avait dit: nil faut nous séparer;"
Et l'enfant s'en allait à travers les grands
chênes,
Se tournant quelquefois et n'osant pas pleurer.
IL.
paris.
J'ai faim; vous qui passez, daignez me se-
coiirir.
Vo.vez, la neige tombe, et la terre est glacée.
J'-fti froid, le vent se lève et l'heure est
avancée.
Et je n'ai rien pour me couvrir.
Tandis qu'en vos falais tout flatte votre
envie,
A genoux sur le seuil j'y pleure bien souvent.
Donnez; peu me sufiit, je ne suis qu'un en-
fant;
Un petit sou me rend la vie.
Ou ma dit qu'à Paris je trouverais du pain.
Plusieurs ont raconté, dans nos forêts loin-
taines,
Qu'ici le riclie aidait le pauvre dans ses
peines;
Eh bien, moi je suis pauvre, et je vous
tends la main.