Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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peut. Quelle population se presse dans les
rues! Piétons, chevaux, équipages, encom-
brent la voie publique. De tous côtés les
cris de gare! ré[)étés par les cochers, nous
assourdissent. La foule, bousculée, refoulée
sans cesse, ondule comme les vagues de la
mer.
Que je voudrais pourtant n'être pas ainsi
poussée par elle en tous sens! Promeneurs
trop impatients, laissez-mo'i m'arrêter! Je
voudrais jeter un coup d'œil sur ces bou-
tiques éblouissantes, parées de leurs plus
magnifiques ornaments, objets d'admiration
et d'envie!
A côté du séduisant confiseur, dont l'éta-
lage brille de mille couleurs, l'humble mar-
chand ambulant offre aux passants ses oranges
et ses boîtes à treize sous. Ici, la poupée,
et le polichinelle, et les animaux de bois
sculpté de la forêt Noire; là, les écrans en-
tourés de plumes, les pupitres en émail bleu
incrusté d'or, les riches étoffes, les. bijoux
gracieux.....
Mais la pensée triste est toujours à côté
du bonheur. Ce jour réveille la douleur des
pauvres orphelins, qui n'ont pas de mère à
embrasser. Il rappelle aussi aux mères en
pleurs l'enfant qu'elles ont perdu dans l'an-
née.
Et taudis que la gaieté rit et chante dans
les familles des riches, l'enfant du pauvre,
jetant uu regard d'envie sur les étrennes qui
ne sont pas pour lui, pleure plus amèrement
sur sa misère.
Aussi, ma chère amie, prions Dieu qu'il
donne aux malheureux des jours meilleurs!
et n'oublions pas de terminer le jour de l'an
par une abondante aumône, Marie.
54. A MES PARENTS.
.Mes chers parents que je vous remercie
De tous les dons que vous me prodiguez!
De jour en jour votre amour multiplie
Les tendres soins dont vous vous fatiguez.
Ayez pitié de toutes-mes faiblesses.
Pardonnez-les, de grâce, à votre enfaut !
Je me rendrai digne de vos tendresses
En vous aimant, en vous obéissant.
Que le bon Dieu exauce ma prière,
Oh, qu'il vous donne en l'année à venir
Des jours de paix, do joie et de lumière,
Qu'en toute chose il veuille vous bénir!
55. LE PETIT SAVOYARD.
Adieu, mes petits camarades.
Je ne puis partager vos jeux;
Chez nous mes parents sont malades,
Ici tout mon temps est pour eux.
Pour oublier votre misère.
Vous allez vous amuser tous,
Moi je travaille pour mon père.,..
Je suis bien plus heureux que vous.
Le matin gaîment je ramone;
Le soir je montre un sapajou; -
Je ménage ce qu'on me donne
Et mets de côté sou sur sou.
Gens riches, que Ton considère.
Votre or satisfait tous vos goûts;
Mais moi j'amasse pour mon père...
Je suis bien plus heureux que vous.
Dans vos demeures magnifiques
On a besoin du Savoyard ;
Je vois de nombreux domestiques
Me toiser d'un air goguenard;
Ils se moquent de ma poussière;
Mais, de leurs galons peu jaloux.
Je me dis: Je nourris mon père;
Je suis bien plus heureux que vous!
56. LA VIE DU PETIT SAVOYARD
A PARIS.
Ta lettre, ma bonne mère, est venue bien
à propos. Le courage que j'avais en te
quittant, commençait à m'abandonner. Mais
les bonnes paroles de ton affection m'ont
ranimé.
Et pourtant, en les lisant, j'ai commencé
par bien pleurer! Tu me parles de ton iso-
lement, du regret de mon départ. J'ai le
même chagrin que toi. J'en ai même un
de plus; c'est que je crains que tu ne me
dises pas tout. L'hiver a été rude. Tes
forces ont-elles suffi au travail, à tes be-
soins? N'as-tu point été malade? Ta lettre
garde le silence sur tout cela. Tu as craint
Deut-être de m'affliger! Oh! cela n'est pas
nen, chère maman, de ne pas tout me dire!
Je ne ferai pas comme toi. Je vais te
raconter les choses tristes, comme les choses
heureuses.
Quelle grande ville que Paris! Dans les
Dremiers jours de mon arrivée, j'y marchais,
e nez en Tair, la ligure tout ébahie, son-
geant bien plus à satisfaire ma curiosité qu'à
gagner ma vie. Je portais avec moi ma
marmotte. Mais je ne pensais à la tirer de
la boîte, pour la montrer aux passants qu'à