Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Vorige scan Volgende scanScanned page
25 —
yauce, en 1444. Là il s'associa avec Jean
Eust, qui lui fournit de l'argent, et Pierre
Schœffer, qui trouva le secret de jeter en
fonte les caractères que jusqu'alors ou a-vait
sculptés un à un. Depuis, la typographie
a fait de rapides progrès, et on est parvenu
à faire des économies notables par la repro-
duction sur planches solides de l'empreinte
d'une composition en caractères mobiles.
C'est ce qu'on appelle le clichage ou la sté-
réotypie, où la même composition peut servir
à plusieurs tirages. La première imprimerie
fut établie à Paris, en 1469, p;.r les soins
des docteurs de la Sorbonne; mais les entre-
preneurs furent poursuivis comme sorciers,
et sans Louis XI., qui les protégea, la
science eût eu de nouvelles victimes.
47. LES MACHINES A VAPEUR,
La connaissance des propriétés de la va-
peur a procuré la découverte d'une des ma-
chines les plus ingénieuses que l'esprit humain
ait inventées. La pièce principale de cette
machine est un cylindre de métal hermétique-
ment fermé, dacs lequel joue un piston garni
d'une tige qui passe à travers la base supé-
rieure ou inférieure de ce cylindre par une
ouverture assez juste, et disposée de manière
à ne laisser échapper que la plus petite
quantité possible de la vapeur qui y arrive
d'une chaudière. A la partie de cette tige
qui reste toujours hors du cylindre, sont
attachés les bras qui servent à communiquer
les différents mouvements que l'on veut pro-
duire. Un Français, Salomon de Caus, a
imaginé, le premier, d'employer la vapeur
d'eau dans une machine hydraulique, ce qui
est prouvé par un livre qu'il publia en 1615.
La France peut donc se glorifier d'avoir
donné le jour à l'inventeur de la machine à^
vapeur. Le marquis de Worcester, auquel
les Anglais attribuent le mérite d'en avoir
donné la première idée, n'est venu que quaran-
te-huit ans après lui. Mais si un Français
a inventé la machine à vapeur, un Anglais,
James Watt, l'a perfectionnée en 1764, et
rendu son application facile aux filatures de
coton, de lin, de chanvre et de laine, au
tissage des étoffes, aux mines, à la fabrica-
tion du papier et des monnaies, à l'imprimerie
et aux moulins, à la navigation et aux che-
mins de fer. Les machines à vapeur sont de si
puissanls moyens de succès dans les ateliers,
qu'on doit les considérer comme l'âme de
l'industrie moderne. Ou leur a reproché
d'ovoir privé le pauvre de travail, mais loin
de supprimer les ouvriers, elles en accrois-
sent le nombre, en augmentant la consom-
mation, 11 serait donc injuste de se pronon-
cer contre des machines qui, multip iant les
moyens de produire à peu de frais, procurent
au peuple plus d'aisance, et, se chargeant
des travaux les plus pénibles, réservent l'in-
telligence humaine pour un emploi plus élevé.
48.
FULTON, INVEJSTEUR DES
BATEAUX A YAPEUK,
L'histoire nous apprend que ceux qui, par les
inventions ou par les découvertes auxquelles
les guida leur génie, immortalisèrent leur
mémoire, ont trouvé de tous les temps les
plus grands obstacles pour faire comprendre
a leurs contemporains tout ce que leurs idées
avaient de grand et de sublime: témoin Co-
lomb qui se vit traiter de visionnaire, quand
il demanda les secours nécessaires pour réa-
liser son plan (1493); témoin Galilée qui,
à l'âge de soixante-dix ans (1634), se vit
contraint de nier le mouvement de la terre
qu'il avait prouvé avec évidence; témoin
enfin le célèbre ingénieur américain Fulton,
inventeur des bateaux à vapeur (1807).
Voici le récit de ses premiers essais que
nous a fait un de ses amis :
»J'ai," dit ce narrateur, »entendu de mes
propres oreilles l'illustre inventeur des ba-
teaux à vapeur raconter avec chaleur et intérêt
l'histoire de ses travaux et de ses découra-
gements. Lorsque je construisis à New-York
mon premier bateau à vapeur, disait Fulton,
il n'y avait dans le public que deux manières
de considérer mon entreprise, avec indif-
férence^ ou avec dédain. On la regardait
comme l'œuvre d'un visionnaire. Mes amis
étaient toujours fort honnêtes avec moi,
mais ils se tepaeint dans une réserve désespé-
rante. Ils écoutaient avec patience mes ex-
plications, mais leur contenance indiquait
'incrédulité la plus complète. Comme j'avais
l'occasion tous les jours de parcourir le chantier
où mon bateau étuit en construction, je pre-
nais assez souvent le plaisir de m'approcher,
sans me faire connaître, des groupes d'é-
trangers oisifs qui se formaient en petits
cercles, et j'écoutais les difierentes questions
qu'on s'adressait sur le but du nouveau bâ-
timent. La règle générale était d'en parler
avec mépris, d'en plaisanter ou de le tour-
ner en ridicule. Que de longs éclats de rire
à mes dépens ! que de bous mots ! que de
sages calculs sur les pertes et les dépenses !
On ne parlait que de la folie de Fulton,