Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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citoyens lui conféra le gouvernement de Pen-
sylvanie.
Pendant son séjour en Prance, Franklin
avait remarqué aux environs de Paris les
bons efiets du plâtre employé comme engrais
sur les prairies. Cette méthode agronomique
n'était pas connue en Amérique; à son re-
tour, il fit une provision de plâtre pulvérisé
pour être répandu sur les prés, et, choisis-
sant aux environs de Philadelphie une prairie
traversée par une route très-fréquentée, il y
répandit en temps opportun ia poussière
fécondante, en traçant en grands et larges
caractères, près de la route, la phrase que
nous traduisons ainsi: Ceci a été plâtré.
Bientôt la saison de la pousse arriva; les
herbes, dans la partie plâtrée, s'élevèrent
beaucoup plus haut que partout ailleurs, et
montrèrent, par leur belle verdure, la vi-
gueur que l'engrais leur avait donnée. Alors
es passants s'arrêtèrent pour lire la phrase;
bientôt le fait fut mentionné dans tous les
journaux; des cultivateurs accouraient de
loin pour lire la fameuse inscription. L'an-
née suivante les propriétés du plâtre comme
engrais étaient connues et appréciées dans
toutes les campagnes environnantes, et ne
tardèrent pas à s'accréditer dans toute l'é-
tendue des Etats-Unis d'Amérique. La courte
phrase de Franklin an milieu de prairies
magnifiques avait exercé à cet égard une
influence plus prompte et plus décisive sur
les cultivateurs peu instruits, que n'auraient
pu le faire de savantes descriptions qui n'au-
raient été comprises que du petit nombre.
Franklin, à, la vue des factions qui dé-
chiraient les Etats-Unis, jugea que, pour re-
médier à ces maux, une convocation générale
était indispensable. Ce fut d'après son
opinion que les Etats s'assemblèrent à Phi-
ladelphie en 1788. Dans cette assemblée
solennelle, Franklin parla avec autant de
raison que de courage, développant le tableau
des malheurs du pays et signalant les remè-
des à employer.
11 mourut le 17 Avril 1790, âgé de qua-
tre-vingt-quatre ans. Par son testament,
Frahklin fonda des établissements utiles. Ce
test,ament était terminé par cette phrase :
»Je lègue à mon ami, l'ami du genre
humain, le général Washington, le bâton de
pommier sauvage avec lequel j'ai coutume
de me promener. Si ce bâton était un scep-
tre, il lui conviendrait de même."
La ville de Philadelphie fit élever sur le
fronton de sa bibliothèque publique la statue
de Franklin. 11 est représenté debout, revêtu
de la toge romaiuc; un bras appuyé sur des
livres, tenant d'une main un rouleau, et
de l'autre un sceptre renversé. Le congrès
américain ordonna, dans l'étendue des quatorze
cantons confédérés, un deuil de deux mois
à"l'occasion de la mort de Franklin, En
France, l'Assemblée nationale prit le deuil
pour plusieurs jours, et Mirabeau fit son
éloge funèbre en prononçant ce peu de mots:
»Franklin est mort! Il n'est plus, cet
homme qui affranchit l'Amérique et versa
sur l'Europe des torrents de lumière. Le
sage que deux mondes réclament tenait sans
doute un rang bien élevé dans l'espèce hu-
maine. Les nations ne doivent porter le
deuil que de leurs bienfaiteurs; la France
doit au moins un témoignage de souvenir et
de regrets à un des plus grands hommes qui
aient jamais servi la philosophie et la liberté."
Ou ne peut mieux terminer, ■ ce semble,
cet article sur Franklin qu'en citant quel-
ques-unes de ses maximes:
;>L'oisiveté ressemble à la rouille: elle use
beaucoup plus que le travail.
Ne perdons pas le temps, car c'est l'étofle
dont la vie est faite.
Avec du travail et de la patience, la sou-
ris coupe un câble. -
Faute d'un clou, le fer du cheval se perd;
faute d'un fer on perd le cheval; faute de
cheval, le cavalier lui-même est perdu, car
son ennemi l'atteint et le tue.
L'entretien d'un vice coûte plus cher que
l'entretien de deux enfants.
Quiconque achète le superflu, vendra bien-
tôt le nécessaire."
46. L'IMPHIMERIE.
Des témoignages incontestables attestent
que l'imprimerie en caractères mobiles était
en usage en Chine dès le dixième siècle de
notre ère, L'Europe n'a donc pas été la
première à connaître la typographie, car
Jean Gutenberg, de Mayence, ne l'a inven-
tée à Strasbourg qu'en 1436. Cette priorité
des Chinois ne diminue en rien le mérite de
Gutenberg, qui a suivi ses propres inspira-
tions pour trouver un moyen plus expeditif
de multiplier les livres que celui de les
copier à la main. Il avait imaginé d'abord
de graver sur des planches de bois des pages
entières; mais quel travail pour publier un
seul ouvrage? En conséquence, Gutenberg
essaya de sculpter en relief des lettres mo-
biles sur bois ou sur métal, et de les enfiler
les unes à côté des autres. Ces tentatives
ayant épuisé sa fortuue, il retourna à Ma-