Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Vorige scan Volgende scanScanned page
— 23 --
)ar un temps d'orage, suspendit une clef au
)as de la corde, et chercha à en tirer des
étincelles, Les premières tentatives avaient
été sans succès ; mais une pluie qui survint
mouilla la corde, qui devint conducteur de
fluide, et le phénomène se produit, à la
grande joie de Eranklin, Si la corde eût
été mouillée dès l'abord, Franklin aurait été
tué infailliblement, et sa découverte périssait
avec lui.
Nos lecteurs nous sauront gré de copier
ici textuellement quelques-unes des utiles
observations de Franklin au sujet de la
foudre.
»Une personne qui craint le tonnerre, dit-
il, et qui se trouve pendant un orage dans
une maison qu'on n'a pas préservée des
effets de ce météore, fera très bien de
s'éloigner de la cheminée, des miroirs, de
la boiserie si elle est dorée, et des bordures
de tableaux qui le serraient, La place la
plus sûre est au milieu de la chambre,
pourvu qu'il ne s'y trouve pas de lustre de
métal, suspendu par une chaîne. Il est en-
core plus sûr de mettre au milieu de la
chambre des matelas plies en deux et de
placer une chaise dessus; car ces matelas ne
conduisant pas la matière du tonnerre com-
me les murs, cette matière ne préférera pas
d'interrompre son cours en passant à travers
Tair de la chambre et le matelas, quand elle
peut suivre le mur, qui est son meilleur
conducteur. Mais lorsqu'on peut avoir un
hamac soutenu par des cordes de soie, de
laine ou de crin, à une égale distance du
plafond, du plancher et des murs de Tappar-
tement, on a tout ce qu'une personne peut
se procurer de plus sûr, dans quelque cham-
brç que ce soit, et réellement ce qu'on'peut
regarder comme le plus propre à se mettre
à l'abri du tonnerre.
Il y avait déjà vingt-cinq ans que l'Amé-
rique jouissait du bienfait du partonnerre,
lorsque cette invention fut introduite en
France en 1783. Ou sait que le paraton-
nerre consiste en une barre ou tige de fer
terminée par une pointe de platine, qu'on
place sur le point le plus élevé d'un édifice
pour le garantir de la foudre. Un cordon
composé de fil de fer conduit la foudre,
lorsqu'elle tombe sur le fer protecteur, jus-
que dans un puits, ou au moins dans un
souterrain constamment humide. L'effect du
paratonnerre lest de soutirer la foudre des
nuages et de préserver de ses effets l'espace
environnant. Aussi les personnes qui habi-
tent les maisons qui en sont pourvues, ne
ressentent-elles aucune action du passage ra-
pide et continuel du fluide électrique, et
même s'il arrive, ce qui est fort rare, qu'il
soit accumulé en telle abondance qu'il ne
puisse s'écouler assez facilement, le paraton-
nerre est alors foudroyé, mais il n'y a aucun
péril à redouter dans ce cas, et Ton a vu
de ces tiges courbées par la foudre sans que
l'édifice qui les portait, eût rien éprouvé de
fâcheux.
Le premier paratonnerre établi en France
donna lieu à un procès très curieux dans
lequel parut un jeune avocat qui acquit de-
puis une effrayante célébrité. Un admirateur
de la découverte de Franklin, M. de Vissery
de Boisvalé, avait fait placer sur sa maison
un paratonnerre. Les labitants de Saint-
Omer, ne voyant dans la flèche qui surmon-
tait cette maison qu une machine propre a
attirer la foudre et à les exposer à être brûlés
par le feu du ciel, furent alarmés de cette
nouveauté, ^et adressèrent de toutes parts
de pressantes sollicitations à leurs échevins.
Ceux-ci, partageant peut-être la panique et
l'ignorance de leurs administrés, rendirent un
jugement qui ordonnait à M. de Boisvalé de
faire abattre immédiatement son paratonnerre.
Le propriétaire refusait obstinément d'obéir
à cette injonction; mais ses voisins s'ameu-
tèrent, menaçant de démoulir eux-mêmes le
paratonnerre qui mettait leurs jours en dan-
ger tant qu'il serait debout. Cependant M.
de Vissery ne se tint pas pour battu; il
chargea un jeune avocat d'Arras de plaider
en faveur de la découverte de Franklin,
Cette défense obtint un succès complet. Le
21 Mars 1783, le tribunal supérieur d'Arras
rendit un jugement par lequel le paratonnerre
fut rétabli.
Lorsque Franklin eut complété ses tra-
vaux sur l'électricité et les eut fait connaître
dans le monde' savant, sa mission dans la
sphère des découvertes était accomplie. La
carrière politique venait de s'ouvrir devant
lui par suite de la révolution qui se préparait
dans les possessions anglaises de l'Amérique
du nord, sur le point de secouer le joug de
la métropole. Dans cette circonstance, Frank-
lin fut mandé à la barre -de la chambre
des Communes, où il plaida avec éloquence
la cause des Américains ; puis il fut envoyé
en France comme ambassadeur des États qui
s'étaient déclarés indépendants. J1 s'y fît
remarquer et excita un vif intérêt par l'ex-
trême simplicité de son costume. On se
disait de tous côtés autour de lui : Quel
est ce vieux paysan qui a l'air si noble? 11
resta à Paris de 1776 à 1785; à son retour
à Philadelphie, la reconnaissance de ses cou-*