Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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44. LA PETITE MENDIANTE.
C'est la petite mendiante
Qui vous demande un peu de pain;
Donnez à la pauvre innocente,
Donnez, donnez, car elle a faim.
Ne rejetez pas sa prière!
Votre cœur vous dira pourquoi . ..
J'ai six ans, je n'ai plus de mère,
J'ai faim, ayez pitié de moi!
Hier, c'était fête au village,
A moi personne n'a songé;
Chacun dansait sous le feuillage.
Hélas! et je n'ai pas mangé.
Pardonnez-moi si je demande,
Je ne demande que du pain ;
Du pain! je ne suis pas gourmande;
Ah! ne me grondez pas, j'ai faim.
N'allez pas croire que j'ignore
Que dans ce monde il faut souffrir;
Mais je suis si petite encore!
Ah! ne me laissez pas mourir.
Donnez à la pauvre petite,
Et pour vous comme elle prîra!
Elle a faim, donnez, donnez vite.
Donnez, quelqu'un vous le rendra.
Si ma plainte vous importune,
Eh bien! je vais rire et chanter;
De l'aspect de mon infortune
Je ne dois pas vous attrister.
Quand je pleure, -l'on me rejette,
Chacun me dit: »Eloigne-toi!" -
Ecoutez donc ma chansonnette ;
Je chante, ayez pitié de moi!
(Boucher de Perthes.)
45. BENJAMIN ERANKLIN.
C'est une vie bien laborieuse, bien rem-
plie que celle de cet homme à jamais cé-
lèbre.^
Benjamin Eranklin naquit à Boston en
1706. Son père, fabricant de chandelles et
de savon, pressé de l'associer à son travail,
le retira de bonne heure des écoles, L'en-
fant avait le plus vif désir de continuer à
s'instruire; il prit peu de goût pour la pro-
fession de son père, profession qui n'offrait
aucun aliment,, aucun exercice à son intelli-
gence. Sur sa demande. Benjamin Erank-
lin fut mis en apprentissage chez un coute-
lier, où il voyait exécuter une suite d'opé-
rations difîérentes, varier les formes etc.;
ces travaux lui souriaient davantage; cepen-
dant il ne trouvait point encore dans cette
nouvelle profession ce qui pouvait satisfaire
le besoin d'apprendre dont il était dévoré.
Des livres eussent bien mieux fait son affai-
re, et il n'y avait point de livres chez le
coutelie/. C'est ce qui le détermina à sol-
liciter la permission d'entrer chez un impri-
meur; son père la lui accorda.
Dans une imprimerie, l'ouvrier (je parle
du compositeur) est obligé de lire: cette
obligation était précisément ce qui enchan-
tait Eranklin- Ce fut pour lui une occasion
de recommencer ses études, mais sans ordre
il est vrai, et pour ainsi dire au hasard,
suivant l'espèce d'ouvrages qui tombait,entre
les mains du jeune imprimeur. Stimulé par
les œuvres qui lui passaient sous les yeux,
il se mit d'abord à faire des vers et les pu-
blia avec quelque succès; mais il ne tarda
pas à comprendre que sa vocation était toute
différente, et il renonça aux ballades pour
s'occuper plus exclusivement de son art. Il
était alors aussi habile typographe.qu'il pou-
vait le devenir ^n Amérique, mais il sentait
le besoin, il épouvrait un vif désir de se
perfectionner encore, Londres possédait des
imprimeurs de distinction; il s'y rendit et
entra chez un nommé Palmer, qui, après
quelques épreuves, lui confia la direction de
ses travaux les plus importants. Là, le
cercle de ses connaissances.s'agrandit singu-
lièrement , par suite de ses relations fréquen-
tes avec les savants les plus renommés de
cette époque.
Revenu en 1728 sur la terre d'Amérique,
il fît l'acquisition de quelques presses avec
l'aide de quejques amis qui lui ouvrirent
leur bourse ; mais Eranklin n'était pas homme
à exercer son état en simple amateur. Il
se fit fondeur de caractères, graveur de vi-
gnettes, et introduisit des améliorations qui
firent prospérer son établissement typogra-
phique. Quelques années plus tard (1731),
il fonda la bibliothèque de Philadelphie, et
s'attacha à la fournir de livres firopres à la
propagation des connaissances usuelles^ L'an-
née suivante il publia l'Almanach du bon-
homme Richard, production originak par la
forme, et dont le fond est si solide sous le
rapport de la morale , que dans tous les pays
on l'emploie avec fruit pour l'éducation du
peuple.
Dans le même temps, Benjamin Franklin,
que l'étude trouvait toujours infatigable,'
s'occupait de recherches sur ia physique. Ce
fut alors qu'il parvint -à découvrir le mystère
de la foudre, ce qui le mit sur la voie de
son invention du paratonnerre.
Voici l'essai qui le conduisit à imaginer
cet utile préservatif. Il éleva un cerf-volant